A'hareï Mot - Rentrer chez soi

Rentrer chez soi

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 32, page 106)

Le verset A’hareï 16, 3 dit que : «avec ceci (1) Aharon (2) viendra vers le Sanctuaire (3), avec un taureau issu du gros bétail comme expiatoire et un bélier comme holocauste». Le Rambam, dans son Michné Torah, lois du service de Yom Kippour, chapitre 4, au paragraphe 2, explique que : «par la suite (4), il ôtait les vêtements d’or, endossait ses propres habits et rentrait chez lui. Puis, il faisait une fête parce qu’il était sorti en paix du Sanctuaire (5)».


Le service de D.ieu du grand Prêtre, à Yom Kippour, est la quintessence du retrait de ce monde (6) pour s’investir en la sainteté de D.ieu et s’inclure en elle. Cet homme saint et pur pénètre, en le jour le plus saint et le plus haut, dans le Saint des saints, l'endroit le plus saint. Là, il effectuait son service saint et haut, en aimant D.ieu et en Le craignant, en se détachant du monde matériel pour s’introduire au centre même de la sainteté (7).

Un homme est strictement incapable de décrire et de mesurer la puissance de la sainteté et de la pureté qui est atteinte par le grand Prêtre, dans le Saint des saints, à Yom Kippour. Or, malgré le plaisir et l’élévation spirituelle et céleste qu’il éprouvait alors, le grand Prêtre ne restait pas à l’intérieur du Sanctuaire. Dès qu’il avait achevé son service sacré, il quittait aussitôt cette situation élevée, ôtait ses vêtements d’apparat, en or, les remplaçait par des vêtements usuels et il rentrait chez lui (8).

Bien plus, le grand Prêtre faisait une fête, précisément après avoir quitté le sanctuaire et être rentré chez lui. En effet, l’élévation la plus haute que l’homme peut atteindre n’est pas une fin en soi. La finalité ultime n’est pas de se détacher du monde (9). Il faut encore «rentrer chez soi» et transformer le monde physique, y bâtir la demeure du Saint béni soit-Il, au sein de la matière (10).


C'est le sens de cette grande fête, qui était célébrée par le grand Prêtre, quand il quittait le Saint des saints en paix. Après avoir atteint une immense élévation, au-delà de toute perception, il «sortait en paix du Sanctuaire» et il allait assumer la mission qui lui avait été confiée par le Saint béni soit-Il, celle d’illuminer le monde.


(1) Avec les sacrifices qui seront définis par la suite.

(2) Le grand Prêtre.

(3) À Yom Kippour.

(4) Après avoir effectué ces sacrifices.

(5) En effet, le grand Prêtre qui n’était pas un Juste ne ressortait pas vivant du Saint des saints. C’est la raison pour laquelle, il était enchaîné, avant d’y entrer. Si, par la suite, il ne donnait plus signe de vie, on tirait sur ces chaînes pour l’en faire sortir.

(6) Comme l’est, de façon générale, la journée de Yom Kippour.

(7) Le monde se décline, en effet, en trois dimensions, le temps, l’espace et la spiritualité. En l'occurrence, c’est bien l’âme la plus haute d'Israël, qui entre dans l'endroit le plus haut du monde, en le jour le plus haut de l’année.

(8) Se trouvant ainsi, sans transition, en contact avec le monde profane.

(9) Comme on l'est à Yom Kippour.

(10) Ce qui est la finalité de sa création.

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