Be'houkotaï - Gravure



Gravure

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 17, page 318)

Le verset Be’houkotaï 26, 3 dit : «Si vous marchez dans Mes Décrets, gardez Mes Mitsvot et les faites». Rachi explique à ce propos : «Si vous marchez dans Mes Décrets : en faisant porter vos efforts sur la Torah (1)».

On peut, toutefois, s’interroger sur cette interprétation de Rachi : en quoi l'expression : «vous marchez dans Mes Décrets» fait-elle allusion au fait de : «porter vos efforts sur la Torah» ? Il est possible de donner, à ce propos, l’explication suivante.

Le terme ‘Houka, le Décret, est de la même étymologie que ‘Hakika, la gravure. Et, de fait, on peut constater une profonde similitude entre l’effort de la Torah et la gravure. Pour graver une certaine forme, dans la pierre, un effort, une pression sont nécessaires. Il n’est pas aisé de pénétrer la pierre qui est dure, par nature. Et, il en est de même également pour l’effort de la Torah. Il est donc nécessaire de se concentrer, de supprimer tout ce qui va à l’encontre de cet effort et de s’investir en la Torah de Dieu, par toutes ses forces (2).


La comparaison entre l’effort de la Torah et la gravure s’étend également aux conséquences de l’un et de l’autre. Ainsi, les formes gravées dans la pierre ne disparaissent jamais (3). En effet, la forme et la pierre constituent alors une existence unique et indissociable (4).

Celui qui investit tous ses efforts en son étude de la Torah en grave les mots dans son cœur. Il s’unifie alors à la Torah de Dieu, au point de ne former, avec elle, qu’une seule et même existence. Même si son cœur est dur comme de Ia pierre, la Torah le transpercera, le façonnera et lui donnera la forme qui convient (5).

Le Décret est lui-même directement lié à l’effort de la Torah. En effet, les Décrets de la Torah sont des Injonctions qui n’ont aucune justification logique et qui transcendent la rationalité des hommes (6).

Celui qui étudie la Torah avec effort et investit toutes ses forces en elle, au-delà même de ses propres capacités intellectuelles, ressentira profondément que la Torah, ses Mitsvot, ses Jugements (7), ne sont, en réalité, que des Décrets, d’une immense élévation, dont on ne mesurera jamais pleinement toute la profondeur (8).

(1) Sur son étude. En effet, le verset ne fait pas allusion ici à la pratique des Mitsvot, puisqu'il en fait clairement mention par la suite.

(2) C’est uniquement de cette façon que l’étude peut être fructueuse.

(3) Si ce n’est quand on casse la pierre.

(4) A la différence de l'écriture, pour laquelle l'encre est ajoutée sur le parchemin.

(5) Au final, il perdra cette dureté du cœur.

(6) Par opposition aux Jugements, qui sont parfaitement logiques et aux Témoignages, qui ont une vocation commémorative.

(7) Malgré leur apparence logique.

(8) Y compris lorsque l’on pense en avoir une approche rationnelle.

3 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

La différence entre les deux sacrifices (Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 32, page 13) Le verset 4, 28 dit : «Ou bien s’il a eu connaissance de la faute qu’il a commise, il apportera son sacri

Double fonction (Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 37, page 1) Le verset Tsav 6, 4 dit que : «le Cohen ôtera ses vêtements et il revêtira d’autres vêtements, il fera sortir la cendre (1) à l’ex

Les deux signes de pureté (Discours du Rabbi, Likouteï Si'hot, tome 1, page 222) Le verset Chemini 11,3 dit : «tous ceux, parmi les animaux, qui ont le sabot fendu, ceux-là, vous les mangerez». La Tor