Metsora - L'or des Emoréens

L'or des Emoréens

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 32, page 91)

Le verset Metsora 14, 34 dit que : «lorsque vous parviendrez dans le pays de Canaan, que Je vous donne pour vous y installer, Je donnerai la plaie de la lèpre dans les maisons du pays (1) où vous vous installerez».


Rachi commente ce verset, de la manière suivante : «je donnerai la plaie de la lèpre : C’est une bonne nouvelle qu'il leur annonçait, en les prévenant qu’ils affronteraient des plaies. En effet, les Emoréens (2) avaient caché des trésors d’or dans les murs de leurs maisons (3), pendant les quarante ans que les enfants d'Israël avaient passés dans le désert (4). Grâce à la plaie, on cassait la maison et on les trouvait».

Il convient de souligner ici un aspect important de cette Paracha des plaies. D’une part, celles-ci étaient une punition pour un homme qui avait prononcé des paroles qu’il n'aurait pas dû dire ou qui étaient même réellement mauvaises (5). Car, de telles paroles laissent une trace impure (6).


Mais, d’autre part, les terribles plaies de la lèpre annonçaient également une bonne nouvelle. En l’occurrence, les enfants d'Israël avaient achevé la conquête du pays, pris aux Emoréens et ils s'étaient installés dans leurs maisons. Puis, les plaies, découvertes sur les murs de ces maisons, avaient conduit, au final, à en détruire les murs. C’est de cette façon que furent découverts les trésors d’or qui avaient été dissimulés là par les Emoréens, précédents propriétaires de ces maisons. Ainsi, la parole qui ne convient pas fait allusion à l’Emoréen, à «celui qui dit», Emor, c’est-à-dire à une plaie dure et honteuse (7), mais simultanément, elle renferme également en elle un trésor d’or, brillant. Et, c’est grâce à l’apparition de la plaie que ce trésor peut être trouvé (8).


Ce qui vient d’être dit délivre à chacun un enseignement important. Au sein de la destruction, est systématiquement cachée la réparation. Les paroles négatives et les propos qui ne conviennent pas sont un opprobre pour celui qui les prononce, un défaut détestable, qui apparaît à l’évidence (9). En revanche, si l’on sait réparer sa parole, si l’on parvient à transformer sa capacité de parler, à la maîtriser et à la diriger dans la bonne direction, il est alors certain que l’on peut découvrir le trésor d’or qui a été caché par les Emoréens.


Si l’on met à contribution l’Emoréen, la force de la parole dont chacun dispose, pour le domaine de la sainteté, on peut mettre en évidence tous les trésors qui sont cachés au plus profond de l’âme juive. Il est donc nécessaire de rincer et de purifier l’Emoréen qui n’a pas lieu d’être, de prononcer uniquement des paroles de Torah et de sainteté. C’est de cette façon que l’on découvre le trésor caché de l’Emoréen pur (10).

(1) Apparaissant sur les murs de la maison.

(2) Emor était l’un des sept peuples résidant en Canaan, avant que les enfants d'Israël en fassent Erets Israël.

(3) En les emmurant.

(4) Craignant qu’ils parviennent à conquérir le pays.

(5) En effet, Emor est de la même étymologie que Amira, parole. C'est ainsi que Myriam fut punie par la lèpre après avoir médit de son frère.

(6) La parole de l’homme, qu’il exprime à l’extérieur de lui-même, a un impact en tout état de cause. Dire du mal, même s’il n’est pas justifié, a pour effet, de lui donner une existence, jusqu’à un certain point. C’est pour cette raison que la faute des explorateurs, qui dirent du mal d’Erets Israël, fut suffisamment grave pour provoquer quarante années d’errance dans le désert et la mort d toute une génération.

(7) Celle de la mauvaise parole.

(8) Nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, constatent que : «l’Attribut du bien est plus puissant que celui du malheur». Ainsi, si une parole, à mauvais escient, peut faire beaucoup de tort, combien plus une bonne parole dévoile-t-elle un bien immense.

(9) Qui est immédiatement perçu comme tel.

(10) Que chacun possède nécessairement.

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