Vayetse - Le serment à Aviméle’h

Le serment à Aviméle’h

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 10, page 88)

Le verset Vayétsé 28, 10 dit que : "Yaakov sortit de Béer Cheva et il se rendit à ‘Haran". Le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 68, au paragraphe 7, explique, à ce propos, que : «Béer Cheva : c’est le puits du serment (1). Il dit : Afin qu’Aviméle’h ne se dresse pas contre moi, pour me demander : fais-moi un serment, comme l’a fait ton grand-père». Avraham et Its’hak avaient effectivement fait un serment à Aviméle’h, chacun à son époque. Ils lui avaient promis de rester dans son pays (2). Yaakov, pour sa part, voulut éviter d’avoir à faire le même serment (3). C’est la raison pour laquelle il quitta Béer Cheva. Il se dispensa ainsi du : «puits du serment» et il ne fut pas contraint de vivre dans le pays des Philistins. Quelle fut la différence entre l’approche d’Avraham et lts’hak, d’une part, celle de Yaakov, d’autre part ? Pourquoi Avraham et Its’hak ne craignirent-ils pas de faire un serment à Aviméle’h, alors que Yaakov l’évita et refusa un tel serment ?


Yaakov avait effectivement une manière d’agir différente de celle de son père et de son grand-père. En effet, Avraham et Its’hak, dans leur cheminement spirituel, firent tout ce qui était en leur pouvoir pour supprimer ce qui faisait obstacle au domaine de la sainteté (4). En revanche, ils considéraient que tous les éléments négatifs n’étaient pas leur affaire (5). Yaakov, à l’inverse, ne se contenta pas de supprimer toute opposition à la Volonté de D.ieu. Il s’employa également à affiner le monde matériel et à l’emplir de Lumière céleste, à transformer le mal en bien, y compris lorsque ce mal, en l’état, ne faisait pas obstacle au rapprochement de D.ieu, de la part des hommes (6). Le serment faisait la preuve qu’Aviméle’h, roi des Philistins, représentant le domaine de l’impureté, ne s’en prendrait pas aux serviteurs de D.ieu, Avraham, Its’hak et qu’il ne les ferait pas souffrir (7). En effet, Avraham et Its’hak étaient prêts à contracter une alliance avec Aviméle’h, dès lors que, de cette façon, ils obtenaient la certitude que les forces de l’impureté ne leur nuiraient pas, ne les dérangeraient pas, dans leur élévation et leur attachement à Dieu (8). Seul Yaakov ne pouvait se résoudre à faire un tel serment à Aviméle’h, car il savait que, de cette façon, il donnait son accord pour que se perpétue une existence que la Lumière de la sainteté n’éclairait pas à l’évidence (9).

(1) Béer désigne le puits et Cheva, sept, est de la même étymologie que Chevosa, serment.

(2) Afin que celui-ci reçoive la bénédiction, par le mérite de leur présence.

(3) Et, de ce fait, de prendre un engagement envers Aviméle’h, le roi des Philistins.

(4) Afin que ce domaine puisse se développer pleinement.

(5) Il ne leur appartenait pas de les faire disparaître.

(6) De la sorte, il manifesta beaucoup plus clairement que son père et son grand-père l'impact positif qu’il entendait exercer sur le monde matériel.

(7) C’est pour cette raison qu’Avraham et Its’hak en acceptèrent le principe.

(8) Qui était leur préoccupation essentielle.

(9) Il pérennisait l’existence du mal dans le monde, ce qu’il ne pouvait en aucune façon accepter.

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