Yethro - La cinquième voix

La cinquième voix

(Discours du Rabbi, Likouteï Si'hot, tome 6, page 107)

Le verset Yethro 19, 15 dit : «Et, ce fut le troisième jour (1), au matin, il y eut des voix, des éclairs et un épais nuage sur la montagne. La voix du Chofar était très forte. Tout le peuple qui se trouvait dans le campement eut peur (2)». Puis, le verset 19 dit encore : «La voix du Chofar était de plus en plus forte (3), Moché parlait et D.ieu lui répondait à voix haute».


Le Talmud Babli, au traité Bera’hot 6b, explique que : «l’homme mérite la Torah qui fut donnée par cinq voix (4), ainsi qu'il est dit : «il y eut des voix, des éclairs», «la voix du Chofar», «la voix du Chofar était», «D.ieu lui répondait à voix haute (5)».


Ainsi, la Torah fut donnée par cinq voix et la finalité de cette manière de la donner était qu’elle se révèle (6), qu’elle exerce une influence sur les cinq dimensions (7), c’est-à-dire le cadre du monde, tout d’abord, qui représente quatre voix, quatre couches successives, quatre niveaux (8). La Torah influence effectivement ce cadre et elle l’emplit du contenu qu’il doit avoir (9). Puis, vient la Torah proprement dite, qui est la cinquième voix, au-delà de tous les concepts définis (10).


Comme on le sait, les créatures du monde se répartissent en quatre catégories, les minéraux, les végétaux, les animaux et les humains. Or, plus l’on s’élève dans cette hiérarchie et moins la vitalité spirituelle est dissimulée, au sein de chaque créature, L'âme qui anime la créature apparaît alors à l’évidence. Elle est plus clairement ressentie et elle exerce réellement son influence (11).


On peut observer tout cela clairement en la nature même de ces créatures. C’est ainsi qu’un minéral est totalement immobile (12), alors qu’un végétal pousse (13). Un animal a des instincts et il ressent (14), alors qu’un homme pense et comprend (15).

Pour autant, la créature la plus importante (16) n’est, somme toute, que la quatrième voix et elle n’atteint pas encore la cinquième, la nature profonde de la Torah et la Lumière divine qu’elle contient. La Torah, par son essence, est liée au Créateur Lui-même, mais les réceptacles limités du monde empêchent de comprendre qu’il en est bien ainsi (17).


Lors du don de la Torah, la cinquième voix retentit également. Dès lors, chacun des enfants d’Israël reçut la force, d’illuminer la cinquième voix de son âme, celle qui fait toute la profondeur de sa personnalité, afin d’accomplir pleinement la Volonté de Dieu (18).


(1) Le troisième des trois jours de limitation, destinés à préparer tous les enfants d'Israël à recevoir la Torah.

(2) Du fait de ces manifestations surnaturelles qui se produisaient devant leurs yeux.

(3) C'était également un miracle, car, de manière naturelle, la voix, bien au contraire, s’affaiblit, au fur et à mesure.

(4) Ce qui fait également la preuve de son importance, comme le texte l’indiquera par la suite.

(5) Le mot Kol, «voix», est ainsi répété cinq fois dans les deux versets mentionnés ci-dessus.

(6) Au sein de la matière du monde, tout comme une voix est audible à l'oreille physique.

(7) Qui seront définies ci-dessous.

(8) Les minéraux, les végétaux, les animaux et les humains, comme le texte le précisera par la suite.

(9) En permettant à chaque être créé de trouver sa place dans le service de Dieu.

(10) Et, qui ne s'inscrit donc pas dans les limites du monde, qui conserve son caractère infini également quand elle se trouve ici-bas.

(11) Ceci permet de comprendre également comment la Torah, la cinquième voix, peut apporter l'élévation aux quatre premières.

(12) Et, de ce fait, il s’appelle, en Hébreu, Domem, silencieux, immobile.

(13) Son nom hébraïque est précisément Tsoméa’h, celui qui pousse.

(14) Il s'appelle donc ‘Hai, celui qui est vivant, car, en lui, la vitalité apparaît à l'évidence.

(15) Et, il est donc Medaber, celui qui parle et qui peut donc exprimer, par sa parole, ce qu’il pense et ce qu’il comprend.

(16) L'homme.

(17) Nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, disent, en effet, que : «un prisonnier ne se libère pas lui-même». Ainsi, celui qui vit au sein de la matière du monde peine à comprendre ce qu’est l’infini, transcendant cette limite.

(18) Et, de cette façon, d'atteindre l'infini tout en se maintenant dans les limites du monde.

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