Vayichla'h - Yaakov et Israël

Yaakov et Israël

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 3, page 796)

Le verset Vaychla”h 32, 29 dit : "Et, Il déclara (1) : ton nom ne sera plus Yaakov, mais Israël, car tu as combattu les anges et les hommes, tu as pu le faire". Le Talmud Babli, dans le traité Bera’hot 13a, explique que : "par la suite, le verset revient à ce nom (2), ainsi qu’il est écrit : et, D.ieu dit à Israël, dans une apparition de la nuit et Il dit : Yaakov, Yaakov". Il nous faut donc comprendre la signification de tout cela. En effet, pourquoi le Saint béni soit-Il, après avoir changé le nom de Yaakov en Israël, continua-t-Il, par la suite, à l’appeler par son premier nom (3)? En fait, le nom Yaakov fait allusion à la ruse et à la tromperie (4), Its’hak voulut accorder à Esav la bénédiction de l’opulence matérielle (5), mais c’est Yaakov qui prit l’apparence d’Esav l’impie et, par cette ruse, il "subtilisa" les bénédictions. Pour parvenir à ses fins, il eut effectivement recours au mensonge et à la perfidie. C’est de cette façon qu’il obtint la propriété des biens matériels et donc celle des parcelles de sainteté qui y sont dissimulées (6).


Le nom Israël, en revanche, lui fut donné : "car tu as combattu les anges et les hommes, tu as pu le faire". Il désigne l’autorité (7) et le pouvoir de celui qui domine "les anges", d’une part, soit les forces de la nature qui occultent la Divinité "et les hommes", d’autre part, ceux qui dénigrent le respect de la Torah et des Mitsvot. L'élévation de ce nom Israël est telle que, par rapport à lui, la matérialité n’est en aucune façon un obstacle à la révélation de la Lumière de D.ieu. Le combat contre le monde est alors, d’emblée, victorieux (8). De fait, chaque Juif cumule ces deux situations à la fois (9) et c’est la raison pour laquelle les deux noms sont conjointement utilisés. Quand il est éclairé, intérieurement, par la lumière de son âme, Li Roch, "une tête pour moi", anagramme d’Israël, un Juif ressent pleinement cette lumière et il n’a nul besoin de faire la guerre. Il se trouve alors au niveau d’Israël.

Cependant, un Juif peut aussi ne ressentir que le talon, Ekev, de son âme, qu’une simple étincelle de cette âme. C’est alors qu'il lui faut lutter, se travestir (10) et abuser (11). Pour libérer la vitalité divine qui est dissimulée au sein de la matière et vaincre l'opposition au domaine de la sainteté, il prendra alors l’apparence d’Esav. En pareil cas, un Juif semble se préoccuper uniquement des besoins de son corps (12), mais, au profond de son cœur, il agit effectivement pour le Nom de D.ieu (13). Dès lors, il parvient à "subtiliser" les parcelles de sainteté qui sont emprisonnées dans l'impureté et à les réintégrer au domaine de la sainteté. Il est alors Yaakov (14).

(1) À l'issue du combat entre Yaakov et l’ange d’Esav.

(2) De sorte que l'attribution du nom d'Israël ne fit pas disparaître le nom Yaakov, à la différence, par exemple, du nom Avraham, qui fit disparaître le nom Avram.

(3) En d’autres termes, à quoi bon donner un nouveau prénom si l’ancien ne disparaît pas ?

(4) C’est ainsi qu’Esav, constatant que Yaakov s'était fait passé pour lui auprès de son père pour recevoir sa bénédiction, s’écria : «Ainsi, son nom est Yaakov et il m'a abusé (Yaakvéni) à deux reprises. Il m’a pris mon droit d’aînesse» et les bénédictions de son père.

(5) Puisqu’il le considérait toujours comme son aîné.

(6) La ‘Hassidout explique, à ce propos, que la faute de l’arbre de la connaissance, qui eut pour effet d’entremêler le bien et le mal, au sein de ce monde matériel, fut introduite par une ruse du serpent, qui lui permit de conduire ‘Hava à la commettre. C’est la raison pour laquelle le Tikoun, la réparation de cette faute, à l’époque de Yaakov, devait aussi être introduite par une ruse.

(7) En effet, Israël est l'anagramme de Li Roch, «une tête pour Moi», alors que Yaakov est de la même étymologie que Ekev, le talon.

(8) De ce fait, Yaakov reçut le nom Israël après avoir vaincu l'ange.

(9) IL est tantôt Yaakov et tantôt Israël.

(10) Comme Yaakov qui prit l’apparence d’Esav, «jouer un rôle» au sein du monde matériel.

(11) Pour imposer les forces du bien.

(12) De ce fait, le Tanya dit que le corps juif : «ressemble, par son aspect maté, tiel, aux corps des autres nations».

(13) Car, il n’y a bien là qu'une apparence.

(14) C'est pour cette raison que les deux noms doivent être conservés.

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