Tetsavé - L'huile de l’huile

L'huile de l’huile

(Discours du Rabbi, Likoutet Si'hot, tome 1, page 170)

Le verset Tetsavé 27, 20 dit : «Et, toi, tu ordonneras aux enfants d'Israël et ils t’apporteront de l’huile d'olive pure, concassée pour le luminaire, afin d’élever la lumière perpétuelle». Le traité Mena’hot, chapitre 8, à la Michna 4 précise que :


«Il y a trois sortes d’huile (1)”. La première (2) est pour le Chandelier».


Chaque détail de la Torah est particulièrement précis. Il est possible et donc nécessaire d’en déduire un enseignement pour le service de Dieu de chaque Juif. A fortiori en est-il ainsi pour ce qui concerne le Sanctuaire du Saint béni soit-il (3). En effet, chaque Juif a le devoir de bâtir un Sanctuaire spirituel, dans lequel doivent également figurer ces trois sortes d’huiles, dont on peut donner la définition suivante.

La Torah présente trois aspects :

A) Il y a, tout d’abord, l’eau de la Torah, qui correspond à sa partie révélée (4), son aspect le plus extérieur, que l’on peut saisir le plus aisément (5).

B) Il y a, ensuite, le vin de la Torah, qui est constitué de ses secrets, C’est sa partie intérieure, qui exige une étude plus approfondie(6).

C) Il y a, enfin, l’huile de la Torah, qui renferme les secret de ses secrets. C’est sa dimension la plus ésotérique, la grains la plus intérieure et la plus cachée de la Lumière divine (7).

On constate, effectivement, que l’huile surnage au-dessus de tous les autres liquides. Elle reste systématiquement la partie la plus haute (8). De la même façon, la dimension profonde de la Torah présente les notions divines les plus hautes et les plus abstraites, qui sont éloignées de toute représentation matérielle,


Mais, l'huile possède également un autre caractère (9). Elle se répand et son aspect gras imbibe tout ce qu’elle touche (10). Et il en est de même également pour la dimension profonde de la Torah. La lumière de la ‘Hassidout imbibe et pénètre chaque recoin de la personnalité de celui qui l’étudie. Toute son existence s’emplit alors de cette huile limpide et pure. L’homme s’unifie à ce qu’il étudie de la manière la plus profonde (11).

Ce qui correspond à l’huile proprement dite, à la dimension ésotérique de la Torah, est, en réalité, un mélange d’eau, de vin et d’huile (12). Ainsi, il y a trois sortes d’huiles, parce que, de la source de la ‘Hassidout, émanent, en fait, ces trois jets. Et, la première huile, qui est «l’huile de l’huile», l’essence même de la Torah, est «concassée pour le luminaire» (13).

Quand on étudie la Torah, quand on médite profondément à la Sagesse divine, on doit nécessairement concasser son ego, sa propre existence. C’est uniquement de cette façon que l’huile est apte à faire briller le Chandelier pur (14).


(1) Selon la profondeur de leur extraction, au sein de l’olive.

(2) La meilleure, la plus profonde.

(3) Consacré à Son service.

(4) Son enseignement législatif, le Talmud et la Hala’ha.

(5) Dont les notions sont les plus familières.

(6) Présentant des notions plus abstraites.

(7) Dont l’abord est donc le moins aisé.

(8) Quel que soit le liquide auquel elle est mélangée.

(9) Qui semble être l’opposé du précédent.

(10) Ainsi, une goutte d’huile déposée sur un papier est immédiatement absorbée, alors que quelques instants sont nécessaires pour qu’une goutte d’eau le soit.

(11) Il est alors « imbibé » de ‘Hassidout.

(12) Ces trois dimensions existent conjointement au sein de la partie profonde de la Torah.

(13) Faisant ainsi allusion à la soumission la plus profonde, qualité qui est nécessaire pour « s’imbiber » de ‘Hassidout.

(14) Pour l’homme qui étudie la Torah et pour tout son entourage.

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