Vayakhel - Paracha Ha'hodech


Le saint Chabbat, Chabbat pour l'Eternel

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 1, page 187)

Le verset Vayakhel 35, 2 dit que : «pendant six jours, le travail sera fait, puis le septième jour sera pour vous le saint Chabbat, un Chabbat pour l’Eternel, quiconque y effectuera un travail mourra». Deux points de ce verset doivent être clarifiés:

A) Moché, notre maître rappelle ici au peuple que : «pendant six jours, le travail sera fait» (1). Pourquoi ne s’adresse-t-il pas directement aux enfants d’Israël, en leur disant que : «pendant six jours, vous ferez votre travail» ?

B) La Torah souligne que le septième jour est saint pour l'Eternel et elle appelle ce jour : «le saint Chabbat, un Chabbat pour l’Eternel». Pourquoi ne pas parler simplement du : «Chabbat» ? Quel est donc le sens de cette formule redondante ?

En fait, la Torah transmet ici un message important et fondamental. Un Juif qui a foi en D.ieu ne «fait» pas un travail profane. Ce travail «se fait» de lui-même. Celui qui place sa confiance en le Créateur du monde sait que : «c’est la bénédiction de l’Eternel qui enrichit» (2). C’est Lui Qui «nourrit chacun et satisfait ses besoins» (3).


Un Juif doit uniquement préparer le réceptacle dans lequel la bénédiction de D.ieu pourra se révéler (4). Il lui suffit donc de faire ce qui est nécessaire pour gagner sa vie. En revanche, il ne doit pas s'investir en cette activité, au-delà du strict nécessaire (5). Un travail profane ne peut être considéré que d’une manière accessoire, sans lui accorder une réelle importance, sans investir en lui toute son énergie et toutes ses forces (6).

Il faut donc que le «saint Chabbat» soit également un «Chabbat pour l'Eternel». En effet, celui qui s’absorbe à son travail, tout au long de la semaine et qui cherche, par tous les moyens, à multiplier ses gains, sera incapable de vivre un véritable Chabbat (7).


Il est donc nécessaire que le travail «soit fait» de lui-même, sans qu’un Juif le prenne à cœur, en préservant son cerveau et son cœur, afin de les consacrer uniquement au service de Dieu le plus pur. C’est de cette façon que le «saint Chabbat» peut être aussi un «Chabbat pour l’Eternel», saint et lumineux (8).

(1) Le verset adopte une formulation passive.

(2) Non pas le fruit de son travail.

(3) Selon le texte de la bénédiction suivant le repas.

(4) En effectuant son travail d’une manière strictement conforme au Choul’han Arou’h.

(5) Puisque cela est suffisant pour forger le réceptacle.

(6) Le faire reviendrait à nier la bénédiction de Dieu et à accréditer l’idée que l’action de Dieu est déterminante.

(7) Car, il restera préoccupé par ses affaires et le Chabbat ne sera pour lui qu'un temps de repos, le préparant au travail de la semaine suivante.

(8) Et, il n’y a donc pas là une formule redondante.

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