Tanya - Likoutei Amarim - Chapitre 26

Likoutei Amarim Chapitre 26 _______________


Au cours des précédents chapitres, Rabbi Chnéour Zalman a longuement analysé le verset : « Car la chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour la mettre en pratique ». Il a montré en quoi il est effectivement « très proche » de chaque juif, c’est-à-dire possible et même facile, de servir D.ieu avec amour et crainte. Ces sentiments peuvent être engendrés par la méditation sur la grandeur divine. Mais on peut aussi révéler « l’amour latent » inhérent à chacun (amour qui, comme on l’a expliqué, renferme également un élément de crainte de D.ieu). Dans les chapitres qui suivent, Rabbi Chnéour Zalman envisage la manière dont peuvent être franchis les obstacles susceptibles d’être rencontrés dans le service de D.ieu, tels que la tristesse ou l’insensibilité du cœur devenu incapable de sentiments d’amour et de crainte.


פרק כ״ו


ברם כגון דא צריך לאודועי כלל גדול


Cependant, il faut faire savoir un grand principe :


כי כמו שנצחון לנצח דבר גשמי, כגון שני אנשים המתאבקים זה עם זה להפיל זה את זה


[à savoir] que de même que pour ce qui est de vaincre une chose matérielle, par exemple, deux hommes qui luttent l’un avec l’autre pour [se] faire tomber l’un l’autre,


הנה אם האחד הוא בעצלות וכבדות ינוצח בקל ויפול, גם אם הוא גבור יותר מחבירו


si l’un [d’eux se montre] indolent et pesant, il sera facilement défait et il tombera, même s’il est plus fort que le second,


ככה ממש בנצחון היצר


Il en va de même exactement pour ce qui est de vaincre le [mauvais] penchant,


En dépit de la supériorité du bon penchant sur le mauvais (comme expliqué précédemment, « un peu de lumière de la sainteté repousse beaucoup d’obscurité de la klipa ») et, de surcroît, du concours apporté par D.ieu au bon penchant,


אי אפשר לנצלו בעצלות וכבדות, הנמשכות מעצבות וטמטום הלב כאבן


il est impossible de le vaincre dans [un état d’]indolence et pesanteur, qui tiennent de la tristesse et de l’obstruction du cœur [insensible] comme une pierre,


כי אם בזריזות, הנמשכת משמחה ופתיחת הלב, וטהרתו מכל נדנוד דאגה ועצב בעולם


mais seulement avec vivacité, laquelle provient de la joie et d’un cœur qui est ouvert (c’est-à-dire sensible, éveillé), pur de toute trace de souci et de tristesse dans le monde.


ומה שכתוב: בכל עצב יהיה מותר, פירושו: שיהיה איזה יתרון ומעלה מזה


Quant à ce qui est écrit : « dans chaque tristesse il y aura un profit », ce qui signifie qu’un profit et un avantage en découleront, et semble contredire le principe énoncé plus haut,


הנה אדרבה, מלשון זה משמע שהעצב מצד עצמו אין בו מעלה, רק שיגיע ויבא ממנו איזה יתרון


bien au contraire, cette formulation (future : « il y aura un profit ») laisse entendre que la tristesse en soi n’a pas d’avantage, mais seulement que quelque profit en adviendra ultérieurement. De quel profit parle-t-on ?


והיינו השמחה האמיתית בה‘ אלקיו הבאה אחר העצב האמיתי, לעתים מזומנים, על עונותיו במר נפשו ולב נשבר


Il s’agit de la vraie joie en D.ieu, laquelle vient après la vraie tristesse (c’est-à-dire une tristesse dûment justifiée), à des moments déterminés, sur ses fautes, avec une âme amère et un cœur brisé.


Le bénéfice de la « vraie » tristesse réside précisément dans la joie à laquelle elle laisse place. Mais pourquoi pareille tristesse conduit-elle à la joie ?


שעל ידי זה נשברה רוח הטומאה וסטרא אחרא ומחיצה של ברזל המפסקת בינו לאביו שבשמים


Car par cette [tristesse], l’esprit d’impureté et de la sitra a’hara est brisé, [ainsi que] « l’écran de fer » qui fait séparation entre l’homme et son Père dans les cieux,


כמו שכתוב בזהר על פסוק: רוח נשברה לב נשבר וגו‘


comme dit le Zohar à propos du verset : « [Les sacrifices de D.ieu sont] un esprit brisé, un cœur brisé, etc. »


Le Zohar interprète ce verset de la manière suivante : « Par quel moyen l’esprit de la sitra a’hara est-il brisé ? Par un cœur brisé… » Et dès lors que la « vraie » tristesse, l’amertume causée par les fautes, provoque la cassure de la sitra a’hara et la chute de « l’écran de fer » synonyme de séparation d’avec D.ieu, c’est elle précisément qui conduit à la joie :


ואזי יקוים בו רישיה דקרא: תשמיעיני ששון ושמחה וגו‘, השיבה לי ששון ישעך ורוח נדיבה וגו‘


Alors s’accomplira pour lui le « début du texte » (c’est-à-dire ce qui est écrit dans les versets précédents de ce même psaume) : « Fais-moi entendre l’allégresse et la joie… », « Rends-moi la joie de Ton secours, et [soutiens-moi de Ton] esprit magnanime… »


C’est à cette joie-là que fait référence « le profit de la tristesse » dont parlent les Proverbes, et non pas à une tristesse qui serait bénéfique en elle-même.


וזהו טעם הפשוט לתיקון האר״י ז״ל לומר מזמור זה אחר תיקון חצות קודם הלימוד


C’est là la raison simple (outre les raisons ésotériques) de la pratique instituée par le Ari zal (Rabbi Its’hak Louria) de lire ce psaume (le psaume cinquante et un) après le Tikoun ‘Hatsot (la prière de minuit) avant l’étude de la Thora qui lui fait suite –


כדי ללמוד בשמחה אמיתית בה‘ הבאה אחר העצב


afin d’étudier avec une véritable joie en D.ieu, qui fait suite à la tristesse dont est empreinte la lecture du Tikoun ‘Hatsot.


שיש לשמחה זו יתרון כיתרון האור הבא מן החשך דוקא


Il y a dans cette joie une supériorité par rapport à la joie qui n’est pas précédée d’amertume comme la supériorité de la lumière qui vient de l’obscurité,


כמו שכתוב בזהר על פסוק: ראיתי שיש יתרון לחכמה מן הסכלות כיתרון האור כו‘, עיין שם, ודי למבין


ainsi qu’il est écrit dans le Zohar à propos du verset tiré des Proverbes du roi Salomon : « Et j’ai vu qu’il y a une supériorité dans la sagesse sur la sottise, comme la supériorité de la lumière, etc. [sur l’obscurité] ». S’y référer ; cela suffit pour qui comprend.


Le Zohar s’interroge : le roi Salomon était-il seul capable d’une telle sentence ? Et le Zohar d’en préciser la signification : tout comme l’obscurité contribue à la lumière qu’elle permet d’apprécier, la sottise participe également à la sagesse. Dans le présent contexte aussi, la tristesse raffermit la joie qui lui fait suite et c’est là le « profit » qui en résulte. La tristesse en tant que telle n’est donc, en tout état de cause, qu’une entrave au service de D.ieu.


ומקרא מלא דבר הכתוב: תחת אשר לא עבדת את ה‘ אלקיך בשמחה וגו‘,


Du reste, un verset explicite dit : « Parce que tu n’as pas servi l’Eternel ton D.ieu avec joie, etc. »,


ונודע לכל פירוש האר״י ז״ל על פסוק זה


et l’explication du Ari zal sur ce verset est bien connue de tous.


Le Ari zal explique que la punition énoncée dans la suite du verset s’applique même si seule la joie fait défaut dans un service de D.ieu pourtant accompli. L’importance de la joie dans le service de D.ieu ayant été établie, le texte suggère maintenant des moyens pour vaincre la tristesse, qu’elle résulte de soucis d’ordre matériel ou spirituel.


והנה עצה היעוצה לטהר לבו מכל עצב ונדנוד דאגה ממילי דעלמא, ואפילו בני חיי ומזוני


Or, [voici] le conseil donné pour purifier son cœur de toute tristesse et de toute trace de souci concernant les choses de ce monde, même lorsqu’il s’agit d’un manque dans des besoins essentiels comme enfants, santé et subsistance, qui se traduit naturellement par un sentiment de tristesse :


מודעת זאת לכל מאמר רז״ל: כשם שמברך על הטובה כו‘


la sentence de nos Sages est bien connue de tous : « De même que l’on [doit] réciter une bénédiction pour un bienfait… de même doit-on réciter une bénédiction pour un mal, à D.ieu ne plaise. »


ופירשו בגמרא: לקבולי בשמחה כמו שמחת הטובה הנגלית והנראית


Le Talmud explique qu’il ne s’agit pas de réciter la même bénédiction (car la bénédiction prononcée pour un bienfait est « Qui est bon et fait le bien » ; confronté à un malheur, en revanche, on dit : « Béni sois-Tu […] Juge de vérité »). Mais la comparaison introduite par la locution conjonctive « de même que » signifie qu’il faut accepter avec joie l’adversité comme la joie [que l’on tire] d’un bien révélé et apparent.


כי גם זו לטובה, רק שאינה נגלית ונראית לעיני בשר, כי הוא מעלמא דאתכסיא, שלמעלה מעלמא דאתגליא


Car celle-là aussi (l’infortune) est pour le bien, seulement [ce bien] n’est pas révélé et visible aux yeux de chair. Pourquoi ce bien est-il insaisissable ?


כי גם זו לטובה, רק שאינה נגלית ונראית לעיני בשר, כי הוא מעלמא דאתכסיא,


שלמעלה מעלמא דאתגליא


Car il procède des mondes spirituels qui appartiennent à la dimension du « monde caché », qui est plus élevé que les mondes spirituels qui relèvent de la dimension du « monde révélé » source du bien visible aux yeux de chair.


שהוא ו״ה משם הוי״ה ברוך הוא, ועלמא דאתכסיא הוא י״ה


[Le monde révélé correspond à] l’émanation des lettres Vav- du nom Havaya (le Tétragramme, le Nom divin de quatre lettres Youd-Ké-Vav-Ké ; les mondes spirituels qui appartiennent à cette définition se rattachent donc aux deux dernières lettres du Nom divin) [tandis que] le monde caché [correspond] à Youd-, les deux premières lettres de ce Nom.


וזה שכתוב: אשרי הגבר אשר תיסרנו י״ה וגו‘


C’est là le sens du verset : « Heureux soit l’homme que Tu châties, D.ieu (Youd-), etc. » Parce qu’il est ici question de l’affliction, issue des mondes cachés, seules les deux premières lettres du Nom divin (Youd et ) sont mentionnées.


Le verset veut donc dire que l’adversité, ressentie comme telle par l’homme incapable d’en percevoir le contenu, procède en fait d’un niveau de bien supérieur, caché, du Divin.


ולכן אמרו רז״ל כי השמחים ביסורים, עליהם הכתוב אומר: ואוהביו כצאת השמש בגבורתו


Et c’est pour cela que les Sages, de mémoire bénie, ont dit que ceux qui se réjouissent dans l’affliction, c’est à leur propos que le verset dit : « Et ceux qui L’aiment seront comme le soleil quand il émerge dans sa puissance ».


La récompense divine étant toujours donnée « mesure pour mesure », la relation entre la joie dans l’affliction et « le soleil qui émerge dans sa puissance » doit être élucidée. Par ailleurs, pourquoi ceux qui se réjouissent dans l’affliction sont-ils précisément définis comme « ceux qui aiment D.ieu » ? Ce texte de nos Sages illustre en fait l’idée qui vient d’être développée. Dès lors que l’affliction n’est qu’une forme de bien issue d’une dimension supérieure, cachée, du Divin, la joie puisée en elle montre que la recherche de la proximité du Divin est plus chère que la vie matérielle. Car c’est précisément dans les mondes cachés que cette proximité doit être recherchée ; la joie éprouvée est donc synonyme d’amour pour D.ieu. Et parce que ceux qui se réjouissent dans l’affliction ne s’arrêtent pas à l’apparence extérieure, à la façade négative, et qu’ils aspirent à l’essentiel, au bien de l’aspect intérieur du Divin qu’elle occulte, ils seront, dit le verset, récompensés par la vision du « soleil émergeant dans toute sa puissance ». Car le Nom divin Havaya est comparé au soleil et le nom Elokim à sa gaine : de même que la gaine protège les créatures des rayons du soleil et leur permet de recevoir sa lumière, de même la révélation du Nom divin Havaya doit-elle être voilée, dissimulée, par le Nom Elokim pour être contenue par les êtres créés. Ainsi qu’il est dit : « Un soleil et un bouclier sont (respectivement) Havaya (et) Elokim. » Dans le Monde à Venir, en revanche, le « soleil » émergera de sa « gaine », c’est-à-dire que le Nom de Quatre Lettres se révèlera « dans toute sa force » sans aucun vêtement, en récompense à ceux qui L’aiment. Dans les termes du Tanya :


כי השמחה היא מאהבתו קרבת ה‘ יותר מכל חיי העולם הזה


Car la joie de l’homme dans l’affliction provient de ce qu’il aime la proximité de D.ieu plus que toutes les choses de la vie de ce monde,


כדכתיב: כי טוב חסדך מחיים וגו‘


ainsi qu’il est dit : « Car Ta bonté est meilleure que la vie (de ce monde), etc. »


וקרבת ה‘ היא ביתר שאת ומעלה לאין קץ בעלמא דאתכסיא, כי שם חביון עוזו, ויושב בסתר עליון


[Or,] la proximité avec D.ieu est infiniment plus intense et plus élevée dans le « monde caché » car « là est la dissimulation de Sa puissance » et : « Dans la dissimulation réside le Très-Haut. »


L’appellation Très-Haut renvoie à un niveau supérieur du Divin. Qui aime D.ieu se réjouit donc dans l’affliction, car elle est source d’une plus grande proximité avec Lui.


ועל כן זוכה לצאת השמש בגבורתו לעתיד לבא, שהיא יציאת חמה מנרתקה שהיא מכוסה בו בעולם הזה, ולעתיד תתגלה מכסויה


Aussi mérite-t-il [de voir] « le soleil émerger dans sa puissance » dans le Monde à Venir, lorsque le « soleil » sortira de sa « gaine » dont il est recouvert en ce monde ; et dans le [monde] futur, il se découvrira.


דהיינו שאז יתגלה עלמא דאתכסיא, ויזרח ויאיר בגילוי רב ועצום לכל החוסים בו בעולם הזה, ומסתופפים בצלו, צל החכמה,


Cela veut dire que ce qui est maintenant défini comme le « monde caché » sera alors révélé, il brillera et illuminera dans une abondante et puissante révélation pour tous ceux qui cherchent refuge en Lui dans ce monde et qui s’abritent dans Son « ombre », « l’ombre de la sagesse »,


שהוא בחינת צל ולא אורה וטובה נראית, ודי למבין


qui est pour l’instant dans une dimension d’« ombre », et non de lumière et de bienfait visibles. C’est-à-dire qu’ils trouvent abri et refuge dans ce qui revêt aujourd’hui un aspect d’ombre et d’obscurité, alors que la lumière et le bien contenus ne sont pas visibles. Cela suffit pour qui comprend.


Pour conclure : réfléchir sur le sens véritable des épreuves de la vie, qui, profondément, sont une forme supérieure de bien, permet de se libérer du sentiment de tristesse qu’elles suscitent. Rabbi Chnéour Zalman s’intéresse à présent à une autre forme de tristesse, celle qui découle de considérations d’ordre spirituel.


אך העצבות ממילי דשמיא, צריך לשית עצות בנפשו ליפטר ממנה


Quant à la tristesse d’ordre spirituel (qui découle d’un état spirituel peu enviable), il faut chercher en soi des moyens de s’en défaire.


אין צריך לומר בשעת עבודה, שצריך לעבוד ה‘ בשמחה ובטוב לבב


Inutile de dire que cette tristesse est indésirable au moment du service [divin] comme durant l’étude ou la prière, car l’on doit servir D.ieu dans la joie et d’un cœur content.


אלא אפילו מי שהוא בעל עסקים ודרך ארץ, אם נופל לו עצב ודאגה ממילי דשמיא בשעת עסקיו


Mais même [pour] celui qui est pris par les affaires et autres choses du monde, si de la tristesse ou du souci pour des questions d’ordre spirituel s’abattent sur lui au moment de ses affaires,


בידוע שהוא תחבולת היצר, כדי להפילו אחר כך בתאוות, חס ושלום, כנודע


il est évident que c’est un artifice du mauvais penchant qui, sous couvert de piété, souhaite le rendre triste en vue de le faire choir ensuite dans les tentations à D.ieu ne plaise, comme il est bien connu.


Par nature, l’être humain recherche le plaisir pour échapper à la tristesse. Aussi le mauvais penchant cherche-t-il habilement à le plonger dans la mélancolie, afin qu’il succombe ensuite à la tentation.


שאם לא כן, מאין באה לו עצבות אמיתית, מחמת אהבת ה‘ או יראתו, באמצע עסקיו


Car s’il n’en était pas ainsi (si la tristesse n’était pas le produit de son mauvais penchant), d’où une vraie tristesse, due à l’amour ou à la crainte de D.ieu, aurait-elle pu survenir en lui au milieu de ses affaires ?


La « vraie » tristesse étant une expression de l’amour et de la crainte de D.ieu, elle ne peut apparaître que lorsque ces émotions sont éveillées, et non pas au milieu de ses activités profanes. La tristesse qui surgit dans de telles circonstances n’est donc qu’une ruse du mauvais penchant qu’il faut repousser.


והנה, בין שנפלה לו העצבות בשעת עבודה בתלמוד תורה או בתפלה, ובין שנפלה לו שלא בשעת עבודה,


Que la tristesse s’abatte sur lui au moment où [il est occupé au] service [de D.ieu] par l’étude de Thora ou la prière, ou qu’elle s’abatte sur lui à un autre moment que le service [de D.ieu] c’est-à-dire lorsqu’il vaque à ses occupations,


זאת ישים אל לבו כי אין הזמן גרמא כעת לעצבות אמיתית, אפילו לדאגת עונות חמורים, חס ושלום


voici ce qu’il prendra en considération : que ce n’est pas maintenant le temps adéquat pour la vraie tristesse, même pour le souci [lié] à de graves fautes, à D.ieu ne plaise.


רק לזאת צריך קביעות עתים ושעת הכושר בישוב הדעת, להתבונן בגדולת ה‘ אשר חטא לו


Seulement pour cela il faut des moments spécifiques déterminés et un moment propice, avec un esprit posé, pour méditer sur la grandeur de D.ieu, contre Qui il a fauté,


כדי שעל ידי זה יהיה לבו נשבר באמת במרירות אמיתית,


pour que par cela son cœur devienne brisé avec vérité, avec une vraie amertume et des remords pour son état spirituel,


On opposera dans les chapitres qui vont suivre l’amertume, qui est un sentiment empreint de dynamisme, à la simple tristesse qui n’est qu’un état de résignation.


וכמבואר עת זו במקום אחר


et ainsi qu’il est expliqué ailleurs [quel est] le moment [propice pour cela].


ושם נתבאר גם כן כי מיד אחר שנשבר לבו בעתים קבועים ההם, אז יסיר העצב מלבו לגמרי


Et il y est également expliqué qu’immédiatement après que son cœur a été brisé durant ces moments désignés, il devra évacuer complètement la tristesse de son cœur,


ויאמין אמונה שלימה כי ה‘ העביר חטאתו, ורב לסלוח


et croire d’une foi entière que D.ieu a enlevé sa faute et qu’ « Il pardonne abondamment ».


« Abondamment », car Il pardonne même les fautes commises de manière répétée, contrairement à un être humain qui éprouve de grandes difficultés à renouveler son pardon.


וזו היא השמחה האמיתית בה‘ הבאה אחר העצב, כנזכר לעיל


C’est cette foi dans le pardon divin qui suscite la vraie joie en D.ieu qui fait suite à la tristesse, comme dit précédemment (à savoir que l’utilité de la tristesse réside uniquement dans la joie qui en résulte).


Ainsi, même des sentiments d’amertume et de « vraie » tristesse suscités à un « moment propice » doivent au plus vite laisser place à la joie. Pour illustrer la question longuement discutée dans ce chapitre, on peut rapporter cette anecdote : un homme se présenta un jour devant le Maguid de Mezritch. Comment, interrogea t-il son Maître, accepter la souffrance sans se départir de la joie ? Le Maguid lui répondit de se rendre auprès de l’un de ses grands disciples, le tsaddik, Reb Zushe d’Anipoli pour lui soumettre sa question. L’homme s’exécuta. Il interrogea Reb Zushe lequel, en proie à un immense étonnement , finit par lui répondre : « C’est à moi que tu demandes comment accepter les souffrances dans la joie ? Comment puis-je le savoir alors que je n’ai jamais encore connu de souffrances ! ». Cette réponse fut donnée par Reb Zushe alors qu’il vivait dans le dénuement le plus complet, accablé de difficultés de tous ordres… Il faut pourtant souligner qu’en dépit de ce bien profond que cachent les épreuves, nous demandons à D.ieu que le bien qu’il nous envoie soit, selon l’expression maintes fois répétée par le Rabbi : « un bien visible et révélé ».

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