Tanya - Likoutei Amarim - Chapitre 30

Likoutei Amarim Chapitre 30 _______________


Le chapitre précédent s’est intéressé au timtoum halev, « l’obstruction du cœur », un état du cœur frappé d’insensibilité, indifférent à la méditation sur la grandeur de D.ieu. Il a été recommandé au beinoni confronté à cet écueil de méditer des pensées telles qu’il en ait le cœur brisé : cette brisure provoque ipso facto la cassure de la grossièreté de la klipa de l’âme animale qui se hisse avec arrogance contre l’âme divine. Différents cheminements ont été proposés pour parvenir à cet état.


פרק ל׳


עוד זאת ישים אל לבו לקיים מאמר רז״ל: והוי שפל רוח בפני כל האדם


Encore une chose il prendra à cœur, d’accomplir la sentence de nos Sages : « Et sois humble devant tout homme. »


Cette sentence appelle explication : la pensée juive fait la distinction entre deux notions que sont שפלות et עניוות, que l’on pourrait traduire respectivement par humilité et modestie. Celui qui est modeste connaît ses qualités et son rang. Mais il sait qu’elles ne sont qu’un don de D.ieu et qu’un autre les aurait mieux utilisées que lui. Quant à celui qui est humble, il éprouve le sentiment de sa propre faiblesse et de son abaissement devant autrui. La Michna, en employant l’expression שפל רוח, fait expressément référence à ce sentiment et suscite une inévitable interrogation : pourquoi donc se tenir pour inférieur à quiconque, fût-il le pécheur le plus abject ? Devant cette difficulté, certains commentateurs interprètent la Michna dans le sens suivant : « Conduis-toi avec humilité face à tout homme ». Mais Rabbi Chnéour Zalman refuse une telle explication et fait une lecture littérale du texte :


והוי באמת לאמיתו


Le choix du verbe « être » par la Michna : « Et sois » indique qu’il doit effectivement en être ainsi avec une authentique vérité ;


בפני כל האדם ממש, אפילו בפני קל שבקלים


devant tout homme vraiment, même le plus léger (kal chébekalim).


Quant à la question soulevée par les commentateurs, il va être répondu que même celui qui observe tous les commandements, est parfois défaillant dans le combat plus subtil qu’il doit encore poursuivre. Pourtant, l’effort nécessaire est alors bien moindre que celui qui doit être mobilisé par le kal chébekalim pour combattre son mauvais penchant. Or, cette insuffisance est comparable à celle du pécheur à qui il incombe de lutter contre d’impérieux désirs. Bien que les manquements du beinoni puissent sembler n’être que de peu de conséquence, ils sont plus répréhensibles que les transgressions du pécheur indigne. Ainsi, même le beinoni, qui observe parfaitement la Thora et les commandements, peut se considérer comme inférieur à tout homme, comme poursuit Rabbi Chnéour Zalman.


והיינו על פי מאמר רז״ל: אל תדין את חבירך עד שתגיע למקומו


Et cela peut être accompli suivant la maxime de nos Sages : « Ne juge pas ton ami jusqu’à ce que tu parviennes à sa place ».


כי מקומו גורם לו לחטוא


Car sa « place », sa place au sens matériel, c’est-à-dire le milieu dans lequel il se trouve et son entourage, le conduit à fauter,


להיות פרנסתו לילך בשוק כל היום ולהיות מיושבי קרנות, ועיניו רואות כל התאוות, והעין רואה והלב חומד


[puisque] son gagne-pain [l’amène à] tourner au marché toute la journée et à être sinon de ceux qui sont assis aux coins des rues : ses yeux voient toutes les tentations et « l’œil voit et le cœur désire » ;


ויצרו בוער כתנור בוערה מאופה, כמו שכתוב בהושע: הוא בוער כאש להבה וגו׳


et par ailleurs, sa « place » au sens spirituel, c’est-à-dire la nature de son mauvais penchant, favorise la faute, car son mauvais penchant brûle comme le four brûlant d’un boulanger (dont la fréquence d’utilisation et l’intensité sont supérieures à celle d’un four ordinaire), comme il est écrit dans Osée : « Il brûle comme un feu flamboyant, etc. ».


מה שאין כן מי שהולך בשוק מעט, ורוב היום יושב בביתו


Il n’en va pas de même pour celui qui va peu au marché, et qui, la majeure partie de la journée, est assis à la maison plutôt que dans les coins de rue ; il est de ce fait moins sujet à la tentation.


וגם אם הולך כל היום בשוק, יכול להיות שאינו מחומם כל כך בטבעו


Et même s’il tourne toute la journée au marché, et se trouve donc à la même place, c’est-à-dire dans la même situation matérielle que le kal chébekalim, [néanmoins,] il est possible que sa « place » au sens spirituel soit différente, c’est-à-dire qu’il ne soit pas tellement chaud de nature,


כי אין היצר שוה בכל נפש: יש שיצרו כו׳, כמו שכתוב במקום אחר


car le mauvais penchant n’est pas le même chez tout un chacun. Il y a celui dont le penchant est… comme un feu flamboyant, passionné, ce qui n’est pas le cas chez un autre, comme il est écrit ailleurs.


Mais s’il est vrai que la place (au sens matériel et spirituel) favorise effectivement la faute, pourquoi donc qualifier pareil homme de kal chébekalim « léger parmi les légers » ? Le texte répond à cette question implicite :


והנה באמת, גם מי שהוא מחומם מאד בטבעו, ופרנסתו היא להיות מיושבי קרנות כל היום


Or, en vérité, même celui qui est très chaud de nature, et dont le gagne-pain [exige] qu’il soit de ceux qui sont assis aux coins de rue toute la journée,


אין לו שום התנצלות על חטאיו, ומיקרי רשע גמור על אשר אין פחד אלקים לנגד עיניו


il n’a aucune excuse pour ses fautes, et est qualifié de parfait racha pour ne pas avoir la peur de D.ieu devant ses yeux,


כי היה לו להתאפק ולמשול על רוח תאוותו שבלבו, מפני פחד ה׳ הרואה כל מעשיו


car il aurait dû se contenir et dominer l’esprit de désir en son cœur, par peur de D.ieu, Qui voit toutes ses actions.


כמו שכתוב לעיל: כי המוח שליט על הלב בתולדתו


Cette crainte de D.ieu aurait dû lui permettre de dompter ses désirs, en dépit des difficultés imposées par son entourage et par sa nature, [car,] comme il a été expliqué plus haut, l’esprit contrôle le cœur par innéité. C’est par une disposition innée que l’esprit peut dompter les désirs du cœur. Pénétré de crainte de D.ieu, il aurait pu, quels que soient les obstacles rencontrés, ne pas fauter.


והנה באמת היא מלחמה גדולה ועצומה לשבור היצר הבוער כאש להבה, מפני פחד ה׳, וכמו נסיון ממש


Il est vrai que c’est un grand et rude combat que de briser le [mauvais] penchant, qui brûle comme un feu ardent, par crainte de D.ieu ; c’est comme une épreuve, vraiment.


והלכך צריך כל אדם לפי מה שהוא מקומו ומדרגתו בעבודת ה׳ לשקול ולבחון בעצמו


C’est pourquoi, tout homme, selon ce qu’est sa place et son rang dans le service de D.ieu, doit peser et sonder en lui-même,


אם הוא עובד ה׳ בערך ובחינת מלחמה עצומה כזו ונסיון כזה


s’il sert D.ieu à la mesure et au niveau d’un tel combat et d’une telle épreuve lorsque lui aussi doit livrer un combat semblable à celui du kal chébekalim (ce qui peut être le cas pour quiconque, fréquemment, y compris pour celui qui se consacre à l’étude et n’est de surcroît que peu enclin à la tentation, comme expliqué ci-après),


בבחינת ועשה טוב,


dans ce qui relève de « et fais le bien » (c’est-à-dire lorsqu’il s’agit de faire, d’accomplir une action positive),


כגון בעבודת התפלה בכוונה, לשפוך נפשו לפני ה׳ בכל כחו ממש עד מיצוי הנפש


par exemple, dans le service de la prière avec kavana (ferveur), pour épancher son âme devant D.ieu, de toute sa force vraiment, jusqu’à l’ « épuisement de l’âme » (de manière à ce que toutes les forces de l’âme soient rassemblées et concentrées dans la prière, ce qui représente effectivement un rude combat).


Telle doit être effectivement la prière de chacun, « recherchant D.ieu jour après jour » comme expliqué dans Iguéret Hakodech.


ולהלחם עם גופו ונפש הבהמית שבו המונעים הכוונה במלחמה עצומה, ולבטשם ולכתתם כעפר קודם התפלה שחרית וערבית מדי יום ביום


et combattre son corps et l’âme animale qui est en lui, lesquels empêchent la ferveur, dans un intense combat, les écraser et les piler comme la poussière, avant la prière du matin et du soir, jour après jour.


Il s’agit donc ici du combat qui précède la prière, pour préparer le corps et l’âme en sorte qu’ils ne fassent pas obstacle à la ferveur pendant celle-ci.


וגם בשעת התפלה, לייגע עצמו ביגיעת נפש ויגיעת בשר, כמו שכתוב לקמן באריכות


Et durant la prière aussi, pour se démener avec un effort soutenu de l’âme, pour qu’elle s’applique à la méditation sur la grandeur de D.ieu et un effort soutenu de la chair pour ôter les entraves imposées par le corps, comme il sera longuement expliqué par la suite.


וכל שלא הגיע לידי מדה זו להלחם עם גופו מלחמה עצומה כזו


Et quiconque n’a pas atteint cette mesure, de mener une guerre si intense contre son corps,


עדיין לא הגיע לבחינת וערך מלחמת היצר הבוער כאש להבה


n’est pas encore parvenu au niveau et à la mesure de la guerre qui se déroule en la personne du kal chébekalim contre le [mauvais] penchant qui brûle comme un feu ardent,


להיות נכנע ונשבר מפני פחד ה׳


pour que celui-ci soit plié et brisé devant la crainte de D.ieu.


Voilà donc ce qu’il lui faut considérer : durant la prière, livre-t-il contre son mauvais penchant un combat aussi intense que celui qui s’impose au kal chébekalim ? La même question est posée pour d’autres domaines du service de D.ieu :


וכן בענין ברכת המזון וכל ברכות הנהנין והמצות בכונה


Et de même en ce qui concerne les Actions de Grâce après le repas et toutes les bénédictions pour un profit et [bénédictions] pour une mitsva, [pour qu’elles soient dites] avec intention (kavana),


ואין צורך לומר כונת המצות לשמן


sans parler de l’intention dans les mitsvot [à savoir celle d’accomplir la mitsva] lichma [pour elle-même] c’est-à-dire en ayant pour seule pensée d’accomplir l’ordre de D.ieu ; un effort important est ici exigé et l’on constatera sans difficulté qu’il est rarement consenti.


וכן בענין עסק לימוד התורה, ללמוד הרבה יותר מחפצו ורצונו לפי טבעו ורגילותו על ידי מלחמה עצומה עם גופו


Il en va de même en ce qui concerne le fait de se consacrer à l’étude de la Thora, s’agissant de l’effort requis pour étudier bien plus que son désir et sa volonté selon sa nature et son habitude, au moyen d’un rude combat contre son corps.


L’étude de la Thora motivée par un tempérament assidu ou par une disposition déjà acquise par l’habitude ne saurait en aucune façon être regardée comme une lutte, ainsi qu’expliqué au Chapitre quinze. Rompre avec la pratique routinière appelle en revanche un effort accru.


כי הלומד מעט יותר מטבעו הרי זו מלחמה קטנה, ואין לה ערך ודמיון עם מלחמת היצר הבוער כאש


Car étudier un peu plus que sa nature exige certes un effort, mais il s’agit là d’un petit combat, sans [aucune commune] mesure, ni ressemblance avec la guerre contre le [mauvais] penchant brûlant comme le feu à laquelle est contraint le kal chébekalim,


דמקרי רשע גמור אם אינו מנצח יצרו, להיות נכנע ונשבר מפני פחד ה׳


[et pour laquelle] il est qualifié de « méchant parfait » (racha gamour) s’il ne vainc pas son penchant de manière à ce qu’il soit plié et brisé devant la crainte de D.ieu.


Seule l’étude exigeant un effort qui rompt littéralement avec l’habitude peut être comparée à la peine qu’endure le kal chébekalim pour surmonter ses difficultés. C’est ainsi qu’on doit s’évaluer : la lutte que je mène, faut-il se demander, est-elle effectivement similaire à celle du kal chébekalim ? Et bien qu’il s’agisse ici d’un effort pour faire quelque chose, tandis que l’effort du kal chébekalim porte sur une abstention, le texte précise :


ומה לי בחינת סור מרע ומה לי בחינת ועשה טוב


Et quelle est pour nous la différence entre le domaine de « détourne-toi tu mal » dans lequel le kal chébekalim est éprouvé et le domaine de « et fais le bien » dans lequel le beinoni est lui-même pris en défaut en négligeant l’effort dans la prière et dans l’étude,


הכל היא מצות המלך הקדוש, יחיד ומיוחד, ברוך הוא


tout est l’ordre du Saint Roi, Un et Unique, Béni soit-Il.


Si des différences peuvent évidemment être établies entre ces deux catégories, elles ne portent que sur les intentions et effets spirituels qui accompagnent chaque mitsva. Mais au regard de la mitsva elle-même, en tant qu’elle est l’accomplissement de la Volonté de D.ieu, Un et Unique, aucune distinction ne saurait être faite entre l’une et l’autre de ces catégories. L’absence d’application accrue à l’étude ou à la prière est donc tout à fait assimilable pour lui à l’absence de retenue du kal chébekalim.


וכן בשאר מצות, ובפרט בדבר שבממון


Et de même pour les autres commandements dans lesquels un effort est requis, notamment en matière d’argent,


כמו עבודת הצדקה, וכהאי גוונא


comme le « labeur » de la charité, c’est-à-dire l’exercice de la charité bien au-delà de ce que lui dictent sa volonté et son habitude, et ce qui est semblable.


ואפילו בבחינת סור מרע, יכול כל איש משכיל למצוא בנפשו שאינו סר לגמרי מהרע בכל מכל כל


Et même dans la catégorie de « détourne-toi du mal », chaque homme réfléchi peut trouver en lui qu’il ne se détourne pas complètement du mal, de tout point de vue,


במקום שצריך למלחמה עצומה כערך הנ״ל, ואפילו פחות מערך הנ״ל


[lorsqu’il se trouve] dans une place qui requiert un rude combat de l’ordre de la mesure précédemment mentionnée (concernant le kal chébekalim) ou même dans des circonstances exigeant un combat inférieur à cette mesure précédemment évoquée.


כגון להפסיק באמצע שיחה נאה, או סיפור בגנות חברו


Par exemple, quand il s’agit de s’interrompre au milieu d’une belle causerie ou au milieu d’un récit portant atteinte à son ami,


ואפילו גנאי קטן וקל מאד, אף שהוא אמת, ואפילו כדי לנקות עצמו


et même s’il s’agit d’une atteinte minime et très légère, même si [les propos rapportés] sont vrais et même s’il s’agit ce faisant de se disculper soi-même,


כנודע מהא דאמר רבי שמעון לאביו רבינו הקדוש: לאו אנא כתביה אלא יהודא חייטא כתביה, ואמר לו: כלך מלשון הרע [עיין שם בגמרא, ריש פרק י׳ דבבא בתרא]


comme on le sait de ce que Rabbi Chimon dit à son père Rabeinou Hakadoch au sujet d’un acte de divorce incorrectement écrit : « Ce n’est pas moi qui l’ai écrit ; Yehouda ‘Hayata l’a écrit. » Cela n’était qu’une atteinte mineure et dont le seul but était pour Rabbi Chimone de se justifier – et [son père] lui répondit : « Va t’en de la médisance » (se référer au Talmud, début du Chapitre dix du [traité] Baba Batra).


וכהאי גוונא כמה מילי דשכיחי טובא


Et similaires à cela beaucoup de cas qui se présentent fréquemment.


On remarquera ici aussi que peu d’efforts sont faits pour contenir le mauvais penchant.


ובפרט בענין לקדש עצמו במותר לו, שהוא מדאורייתא, כמו שכתוב: קדושים תהיו וגו׳, והתקדשתם וגו׳


Et en particulier en ce qui concerne le fait de se sanctifier dans ce qui lui est permis – ce qui est [une obligation] de la Thora, ainsi qu’il est écrit : « Soyez saints, etc. » « et vous vous sanctifierez, etc. »


וגם דברי סופרים חמורים מדברי תורה וכו׳


Et aussi, même selon l’opinion qui maintient que cette injonction est d’ordre rabbinique et non biblique, on a cependant pour principe que « les [injonctions] rabbiniques sont plus sévères que celles de la Thora, etc. » –


On remarquera pareillement l’indulgence dont on fait preuve envers soi-même, dès lors qu’un effort accru est appelé.


אלא שכל אלו וכיוצא בהן הן מעוונות שהאדם דש בעקביו


Mais toutes celles-ci et celles qui sont semblables font partie des « fautes qu’un homme foule de son talon », auxquelles il manque de prêter attention, car il ne ressent pas leur importance,


וגם נעשו כהיתר מחמת שעבר ושנה וכו׳


et qui sont aussi devenues comme permises à ses yeux parce qu’il a [déjà] transgressé une et plusieurs fois.


Toutes ces considérations convergent vers une même conclusion : celui qui se compare au kal chébekalim ne doit en ressentir aucun sentiment de supériorité. Car, si le kal chébekalim succombe dans son combat contre le mauvais penchant, c’est de la même façon que lui aussi manque à son devoir. Cependant, la maxime des Sages continue d’interroger en ce qu’elle exhorte à l’humilité devant tout homme, c’est-à-dire, suivant la définition donnée, à un sentiment d’infériorité même à l’égard du kal chébekalim.


אבל באמת אם הוא יודע ספר, ומחזיק בתורת ה׳, וקרבת אלקים יחפץ


Mais en vérité, s’il est familier de l’étude, qu’il se tient à la Thora de D.ieu et désire la proximité du Divin,


גדול עונו מנשוא, ואשמתו גדלה בכפלי כפליים


sa faute est trop grande à supporter et sa culpabilité doublement accrue


במה שאינו נלחם ומתגבר על יצרו בערך ובחינת מלחמה עצומה הנ״ל


en ce qu’il ne combat pas et ne prend pas le dessus sur son penchant à la mesure et au niveau de la rude guerre précédemment mentionnée qui caractérise le kal chébekalim.


מאשמת קל שבקלים מיושבי קרנות הרחוקים מה׳ ותורתו


Sa culpabilité est bien plus grande que la culpabilité du kal chébekalim, le plus bas de ceux qui sont assis aux coins des rues, qui sont éloignés de D.ieu et de Sa Thora.


ואין אשמתם גדולה כל כך במה שאינם כובשים יצרם הבוער כאש להבה מפני פחד ה׳ המבין ומביט אל כל מעשיהם


Leur culpabilité n’est pas si grande en ce qu’ils ne conquièrent pas leur penchant qui brûle comme un feu flamboyant, par crainte de D.ieu, Qui connaît et observe toutes leurs actions,


כאשמת כל הקרב הקרב אל ה׳ ואל תורתו ועבודתו


ce n’est pas comme la culpabilité de quiconque est proche de D.ieu, de Sa Thora et de son service,


וכמו שאמרו רז״ל גבי אחר: שידע בכבודי וכו׳


et comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, à propos d’A’her (Elicha ben Avouya, appelé « l’autre ») : « Car il a connu Ma gloire » et s’est rebellé en connaissance de cause, sa faute est bien plus grande encore.


ולכן אמרו רז״ל על עמי הארץ שזדונות נעשו להם כשגגות


Aussi nos Sages ont-ils dit à propos des ignorants que « les fautes délibérées leur sont comptées comme [des fautes] commises par inadvertance », puisqu’ils ne sont pas conscients de la gravité de la faute.


Pour l’érudit, le contraire est vrai : une erreur due à un défaut d’étude est assimilée à un acte délibéré. Ainsi, en ne maîtrisant pas son mauvais penchant, il se trouve encore plus avili que le kal chébekalim. Cette considération l’aidera donc à mettre en application la maxime de la Michna citée en début de chapitre : « Sois humble devant tout homme ». Et par le fait qu’il parviendra à un cœur brisé, l’esprit de la sitra a’hara se trouvera brisé et le corps sera dès lors perméable à la lumière de l’âme, comme expliqué au chapitre précédent.

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