Tanya - Likoutei Amarim - Chapitre 33

Likoutei Amarim Chapitre 33 _______________


Le Tanya, au Chapitre trente et un, a montré comment faire éclore la joie de l’âme ensuite de l’amertume née de préoccupations spirituelles. Ainsi a t-il prescrit de méditer sur le fait que, par les mitsvot accomplies, l’âme divine se trouve libérée de l’exil imposé par le corps et l’âme animale. Par ailleurs, l’âme animale elle-même reçoit une élévation lorsque ses « vêtements » que sont pensée, parole, et action consistent en l’étude de la Thora et la pratique des mitsvot.


פרק ל״ג


עוד זאת תהיה שמחת הנפש האמיתית,


[Il y a] encore une chose qui [suscitera] la joie véritable de l’âme,


ובפרט כשרואה בנפשו בעתים מזומנים שצריך לזככה ולהאירה בשמחת לבב


particulièrement lorsque l’on voit en soi à des moments déterminés qu’il est nécessaire d’épurer et d’illuminer l’âme avec la joie du cœur :


אזי יעמיק מחשבתו ויצייר בשכלו ובינתו ענין יחודו יתברך האמיתי


on approfondira alors sa pensée et on figurera dans son intellect et sa compréhension l’idée de l’unité véritable de D.ieu.


La notion d’unité divine ne signifie pas simplement qu’il n’existe qu’un seul D.ieu, un Créateur, mais que D.ieu est La seule véritable existence, ainsi qu’il va être expliqué.


איך הוא ממלא כל עלמין עליונים ותחתונים


Comment Il emplit tous les mondes, supérieurs et inférieurs,


De même que l’âme emplit le corps pour l’animer, de même la vitalité et lumière divine est-elle présente en chaque élément de la Création. Cette vitalité, immanente, est limitée et adaptée à la mesure de chaque monde et de chaque être créé. Une distinction est donc faite de ce point de vue entre « mondes supérieurs » (où la lumière divine est davantage révélée) et « mondes inférieurs ».


ואפילו מלא כל הארץ הלזו הוא כבודו יתברך


et [comment] même ce monde est totalement empli de Sa gloire,


Il est ici fait référence à la seconde forme de vitalité divine, transcendante, celle qui « enveloppe tous les mondes » selon la terminologie de la ‘Hassidout et agit sur eux « d’en haut », c’est-à-dire sans s’ajuster à la nature particulière de chaque être créé. Il n’existe donc pas à ce niveau de distinction entre « mondes supérieurs » et « mondes inférieurs », si bien que même ce monde matériel est « empli de Sa gloire », l’expression « Sa gloire » renvoyant précisément à la lumière divine transcendante.


וכולא קמיה כלא חשיב ממש


et tout est considéré comme néant devant Lui, vraiment.


והוא לבדו הוא בעליונים ותחתונים ממש כמו שהיה לבדו קודם ששת ימי בראשית,


Et Il est Lui seul dans les [mondes] supérieurs et inférieurs, vraiment, comme Il était seul avant les Six jours de la Création.


De même qu’il n’existait alors rien d’autre que Lui, de même la Création n’apporte-t-elle aucun changement en cet état, car tous les êtres sont comme inexistants devant Lui.


וגם במקום הזה שנברא בו עולם הזה, השמים והארץ וכל צבאם, היה הוא לבדו ממלא המקום הזה


Même en cet emplacement où le monde a été créé, les cieux, la terre et toutes leurs armées, Il emplissait Lui seul cet emplacement.


וגם עתה כן הוא לבדו בלי שום שינוי כלל,


Et maintenant aussi après la Création, Il est ainsi seul, sans aucun changement absolument,


מפני שכל הנבראים בטלים אצלו במציאות ממש


parce que toutes les créatures sont vraiment totalement annulées dans leur existence devant Lui.


Le texte entend à présent expliciter cette idée d’annulation des êtres créés par une analogie avec les « lettres » de la pensée et de la parole humaines. Les lettres de la pensée et de la parole permettent l’expression des idées et des sentiments. A l’origine, l’idée conçue et méditée et le désir ressenti sont informes, dépourvus de mots. Les lettres et les mots qui serviront à leur expression ne sont pas encore épelés et seule l’idée ou l’émotion « à l’état pur » est perçue ; pour prendre un exemple, le désir ou l’idée connus par deux personnes de nationalité différente ne sont pas encore touchés par les différences de langue. C’est seulement quand ils atteignent le stade de la pensée pratique que ce désir ou cette idée se « matérialisent » par ce que l’on appelle « les lettres de la pensée ». L’expression en pensées et en paroles varie dès lors d’une personne à l’autre. Certes, ces lettres de la pensée et de la parole sont contenues potentiellement dans le désir ou l’idée originels, mais elles sont alors totalement absorbées dans leur source, comme inexistantes. De même, chaque créature reçoit son existence et sa vie du « verbe » divin, que sont les « lettres » de la parole divine à l’origine de sa création. Cette « parole » créatrice et les êtres ainsi crées sont totalement annulés devant leur source, le Divin, tout comme les lettres de la « pensée » sont annulées dans l’idée ou le désir où elles s’originent.


כביטול אותיות הדבור והמחשבה במקורן ושרשן, הוא מהות הנפש ועצמותה, שהן עשר בחינותיה, חכמה בינה ודעת וכו׳


Comme les lettres de la parole et de la pensée sont annulées à l’intérieur de leur source et racine, c’est-à-dire l’être et l’essence de l’âme, que sont ses dix facultés : ‘Hokhma, Bina, Daat, etc. les facultés intellectuelles ainsi que les facultés émotionnelles (ici appelées « l’essence de l’âme » au regard des vêtements de la parole et de la pensée).


שאין בהם בחינת אותיות עדיין קודם שמתלבשות בלבוש המחשבה [כמו שנתבאר בפרק כ׳ וכ״א באריכות, עיין שם]


dans lesquelles facultés il n’y a pas d’aspect de lettres encore, avant qu’elles se revêtent du vêtement de la pensée (comme expliqué longuement dans les Chapitres Vingt et Vingt-un, que l’on consultera).


וכמו שכתוב גם כן במקום אחר משל גשמי לזה,


Ainsi qu’il est rapporté ailleurs à ce propos une analogie [à un phénomène] physique,


מענין ביטול זיו ואור השמש במקורו, הוא גוף כדור השמש שברקיע


concernant l’annulation de la ligne lumineuse du soleil dans sa source, la sphère céleste du soleil ;


שגם שם מאיר ומתפשט ודאי זיוו ואורו, וביתר שאת מהתפשטותו והארתו בחלל העולם, אלא ששם הוא בטל במציאות במקורו, וכאילו אינו במציאות כלל


là aussi [dans la sphère solaire], sa ligne lumineuse brille et se diffuse avec certitude, bien plus qu’elle ne se diffuse et brille dans l’espace de l’univers. Plus proche de sa source, le soleil, la lumière est plus intense. Si ce n’est que là (dans le soleil) elle est annulée dans son existence à l’intérieur de leur source, comme si elle n’avait aucune existence. Seul le soleil apparaît, et non la lumière qui est simplement un produit, un dérivé du soleil.


Cette idée peut être rapprochée d’une autre phrase du Talmud : « Une chandelle en plein jour, à quoi sert-elle ? » La chandelle ne cesse pourtant pas de diffuser sa lumière. Mais cette lumière se fond alors dans la puissante clarté du jour et n’est plus perceptible. Or, la lumière se définit par la propriété qu’elle a d’éclairer et perd donc, ici, son identité. Il en va de même, et bien plus encore, des rayons du soleil à l’intérieur de leur source, le soleil.


וככה ממש דרך משל הוא ביטול העולם ומלואו במציאות לגבי מקורו, שהוא אור אין סוף ברוך הוא, וכמו שכתוב שם באריכות


Comme cela vraiment, par analogie, le monde avec tout ce qu’il contient est-il annulé dans son existence par rapport à sa source, qu’est la lumière du Ein Sof, comme expliqué là-bas longuement.


Telle est la signification de la notion d’Unité divine : D.ieu est Un, Il est le seul existant, toute existence étant annulée devant Lui.


והנה כשיעמיק בזה הרבה, ישמח לבו ותגל נפשו אף גילת ורנן בכל לב ונפש ומאד באמונה זו כי רבה היא


Or, lorsqu’il méditera profondément cette notion d’Unité de D.ieu, son cœur sera joyeux et son âme se réjouira, avec jubilation et exultation, de « tout son cœur », « toute son âme » et « tout son pouvoir » dans cette foi, car elle est immense.


כי היא קרבת אלקים ממש


Elle [signifie l’expérience de] la proximité à D.ieu, vraiment.


וזה כל האדם ותכלית בריאתו ובריאת כל העולמות עליונים ותחתונים


C’est là tout l’homme, la finalité de sa création et de la création de tous les mondes, supérieurs et inférieurs,


להיות לו דירה זו בתחתונים, כמו שכתוב לקמן באריכות


[à savoir] que D.ieu ait cette demeure ici-bas, comme expliqué longuement plus loin.


D.ieu a créé tous les mondes en vue de disposer d’une « demeure » ici-bas. Pour un homme, la demeure est le lieu où il peut être pleinement lui-même. De la même manière D.ieu veut que Son Unité soit révélée ici-bas.


והנה כמה גדולה שמחת הדיוט ושפל אנשים בהתקרבותו למלך בשר ודם המתאכסן ודר אתו עמו בביתו


Or, combien grande est la joie d’un homme simple et bas, quand il est rapproché d’un roi de chair et de sang, qui de plus est hébergé et plus encore habite avec lui dans sa demeure à lui plutôt que dans le palais royal.


וקל וחומר לאין קץ, לקרבת ודירת מלך מלכי המלכים, הקדוש ברוך הוא


A fortiori, infiniment plus [grande est la joie dans] la proximité du Roi des rois, le Saint Béni soit-Il et Son habitation dans ce bas monde, la « maison » de l’homme.


וכדכתיב: כי מי הוא זה אשר ערב לבו לגשת אלי, נאם ה׳


Et comme il est écrit : « Car qui est celui dont le cœur oserait m’approcher ? dit D.ieu. »


Par la foi en l’unité divine, cependant, une telle proximité est accessible : D.ieu partage alors sa demeure.


ועל זה תיקנו ליתן שבח והודיה לשמו יתברך בכל בקר, ולומר


Et pour cela [les Sages] ont institué que l’on offre des louanges et des remerciements au Nom de D.ieu, chaque matin, en disant :


אשרינו מה טוב חלקנו וכו׳ ומה יפה ירושתנו


« Heureux sommes-nous ! Que notre part est bonne, etc., que notre héritage est beau ! »


כלומר: כמו שהאדם שש ושמח בירושה שנפלה לו, הון עתק שלא עמל בו


Ce qui signifie que de même qu’un homme est heureux et joyeux d’un héritage qui lui est échu, une immense fortune pour laquelle il n’a pas travaillé,


כן ויותר מכן לאין קץ יש לנו לשמוח על ירושתנו שהנחילונו אבותינו הוא יחוד ה׳ האמיתי,


de même et plus encore infiniment doit-on se réjouir de notre héritage que nos Patriarches nous ont légué, cet [héritage] qui est la véritable unité de D.ieu.


אשר אפילו בארץ מתחת אין עוד מלבדו, וזו היא דירתו בתחתונים


[A savoir] que même ici-bas sur terre, il n’est rien d’autre que Lui, et c’est là Sa demeure parmi les [créatures] inférieures qui s’annulent devant Lui, pénétrées de la conscience de Son unité.


L’appréhension de l’Unité divine ne pourrait être atteinte par l’effort ; elle relève d’un « héritage » des Patriarches.


וזהו שאמרו רז״ל: תרי״ג מצות ניתנו לישראל, בא חבקוק והעמידן על אחת, שנאמר: וצדיק באמונתו יחיה


C’est là [le sens] de ce que dirent nos maîtres, de mémoire bénie : « Six cent treize mitsvot furent données à Israël… Habacuc est venu et les a fait tenir sur une seule mitsva fondamentale, la foi, ainsi qu’il est dit : « Le juste vivra par sa foi. »


כלומר: כאלו אינם רק מצוה אחת, היא האמונה לבדה, כי על ידי האמונה לבדה יבא לקיום כל התרי״ג מצות


C’est-à-dire comme s’il n’y avait que cette seule mitsva de la foi, car par la seule foi en l’unité de D.ieu, comme expliqué plus haut, on en viendra à l’accomplissement de toutes les 613 mitsvot.


דהיינו, כשיהיה לבו שש ושמח באמונתו ביחוד ה׳ בתכלית השמחה,


Cela veut dire que lorsque son cœur sera heureux et joyeux dans sa foi en l’unité de D.ieu, avec la joie la plus absolue,


כאילו לא היתה עליו רק מצוה זו לבדה, והיא לבדה תכלית בריאתו ובריאת כל העולמות


comme s’il n’y avait que cette seule mitsva-là qui lui incombait et qu’elle seule (la foi) était la finalité pour laquelle lui et tous les mondes avaient été créés,


Si l’homme n’avait qu’une seule mitsva à observer, qui était, elle seule, la finalité de la Création – la sienne et celle de tous les mondes – il s’en serait donné à cœur joie. Voilà donc aussi la joie qui doit imprégner sa foi en l’Unité de D.ieu.


הרי בכח וחיות נפשו בשמחה רבה זו תתעלה נפשו למעלה מעלה על כל המונעים קיום כל התרי״ג מצות, מבית ומחוץ


par la force et la vitalité de son âme dans cette immense joie, son âme s’élèvera très haut, au-dessus de tous [les écueils] qui entravent l’observance des 613 mitsvot, [tant les écueils] intérieurs c’est-à-dire obstacles imposés par le corps et l’âme animale, [qu’]extérieurs, ceux qui résultent du monde environnant.


Cette foi en l’unité de D.ieu permettra de supprimer toute entrave à l’accomplissement des commandements ; en effet, comment pourrait-il y avoir un obstacle à la Volonté de D.ieu – les mitsvot, quand on sait qu’il n’est rien en dehors de Lui ? La foi est donc regardée comme le socle sur lequel reposent tous les commandements.


וזהו שאמר: באמונתו יחיה, יחיה דייקא, כתחיית המתים דרך משל, כך תחיה נפשו בשמחה רבה זו


C’est là ce qu’il dit : « [Le juste] vivra par sa foi », le terme יחיה (« vivra ») dans le verset signifie précisément « ramené à la vie » ; tout comme la résurrection des morts, par analogie, ainsi son âme sera-t-elle ranimée par cette immense joie.


והיא שמחה כפולה ומכופלת, כי מלבד שמחת הנפש המשכלת בקרבת ה׳, ודירתו אתו עמו


C’est une joie double et redoublée ; car outre la joie de l’âme intelligente dans la proximité avec D.ieu et dans [le fait que D.ieu] demeure avec lui,


עוד זאת ישמח בכפליים בשמחת ה׳ וגודל נחת רוח לפניו יתברך באמונה זו


il se réjouira encore doublement dans la joie et la grande satisfaction que cette foi [suscite] devant D.ieu,


דאתכפיא סטרא אחרא ממש, ואתהפך חשוכא לנהורא


puisque par la foi en l’unité de D.ieu, la sitra a’hara devient subjuguée vraiment et l’obscurité transformée en lumière,


שהוא חשך הקליפות שבעולם הזה החומרי, המחשיכים ומכסים על אורו יתברך


c’est-à-dire l’obscurité des klipot dans ce monde corporel, qui obscurcit et dissimule la lumière [de D.ieu],


עד עת קץ, כמו שכתוב: קץ שם לחשך


jusqu’au temps du « Terme », ainsi qu’il est dit : « Il a mis un terme à l’obscurité ».


[דהיינו קץ הימין, שיעביר רוח הטומאה מן הארץ, ונגלה כבוד ה׳, וראו כל בשר יחדיו, וכמו שכתוב לקמן]


(Il s’agit du קץ הימין (expression biblique empruntée du Livre de Daniel qui signifie littéralement « la Fin des jours » ; le terme ימין « les jours » signifie aussi « la droite », faisant référence à l’attribut divin de bonté et de révélation, et on peut donc lire : « le Terme – lorsque D.ieu révélera Sa – Droite »), quand Il bannira l’esprit d’impureté de la terre et que « la gloire de D.ieu sera révélée et toute chair ensemble verra » le Divin présent dans chaque être. En d’autres termes, la chair elle-même, et non seulement l’esprit, percevra le Divin, comme il sera expliqué par la suite.


L’annihilation de la sitra a’hara n’aura lieu qu’à « la Fin des jours », à l’ère Messianique. Aujourd’hui, alors que l’obscurité de la klipa fait écran devant la sainteté, D.ieu reçoit satisfaction lorsque la sitra a’hara est brisée et l’obscurité transformée en lumière, par la foi en Son unité.


ובפרט בחוץ לארץ, שאויר ארץ העמים טמא, ומלא קליפות וסטרא אחרא


Et en particulier hors de la Terre [d’Israël], où l’air de la terre des nations est impur et rempli de klipot et de sitra a’hara.


ואין שמחה לפניו יתברך כאורה ושמחה ביתרון האור הבא מן החשך דייקא


Et il n’est pas de joie devant D.ieu comme la lumière et la joie [provoquées par] la transformation de l’obscurité en lumière, quand cette lumière possède la qualité supérieure de la lumière qui vient de l’obscurité précisément.


Quand, au sein du monde pluriel, un juif se trouve pénétré de la conscience de l’unité de D.ieu, la joie divine est d’autant plus grande. Pour conclure, la foi en l’unité de D.ieu est donc source d’une double joie ; d’une part, la joie de l’âme qui éprouve la proximité avec D.ieu, d’autre part, la joie de la satisfaction ainsi donnée à D.ieu si l’on peut dire.


וזהו שכתוב: ישמח ישראל בעושיו


C’est là la signification du verset : « Qu’Israël se réjouisse dans Celui qui le fait. » (On peut noter l’expression « Celui qui le fait » et non « son Créateur » ou un autre terme semblable.)


פירוש: שכל מי שהוא מזרע ישראל יש לו לשמוח בשמחת ה׳ אשר שש ושמח בדירתו בתחתונים, שהם בחינת עשיה גשמיית ממש


Cela veut dire que quiconque appartient à la descendance d’Israël doit se réjouir dans la joie de D.ieu Qui est heureux et joyeux de Sa demeure parmi les créatures inférieures, qui sont au rang de l’Assia physique.


Le terme בעשיו (« Celui Qui le fait ») a la même étymologie que עשיה (Assia), qui représente le stade le plus inférieur de la Création. Israël doit se réjouir de cette demeure divine qui est constituée précisément par les êtres inférieurs qui appartiennent au monde d’Assia.


וזה שכתוב: בעושיו, לשון רבים


C’est là [pourquoi] la forme plurielle – בעשיו – est employée.


Traduite littéralement, cette expression signifie « Ceux qui l’ont fait ». L’emploi du pluriel semble surprenant dans une expression qui renvoie à D.ieu.


שהוא עולם הזה הגשמי, המלא קליפות וסטרא אחרא,


[Ce pluriel] fait référence à ce monde physique, rempli de klipot et de sitra a’hara,


שנקרא רשות הרבים וטורי דפרודא


qui est qualifié de « domaine public » par contraste avec le « domaine privé », celui de l’Unité de D.ieu, et de « montagnes de séparation », caractérisées par l’arrogance et la séparation qui règnent au milieu d’elles, chacune prétendant avoir distinctement son créateur (D.ieu). Ainsi la forme plurielle, « Ceux qui l’ont fait », évoque-t-elle cet esprit de division.


ואתהפכן לנהורא, ונעשים רשות היחיד ליחודו יתברך, באמונה זו


Et par cette foi en l’Unité de D.ieu, [les klipot] sont transformées en lumière et deviennent un « domaine privé » pour l’Unité de D.ieu.


C’est la raison profonde de l’emploi du pluriel « Ceux qui l’ont fait ». La joie et la satisfaction divine se nourrissent précisément des éléments disparates de ce monde physique (Assia) lorsqu’ils se trouvent transformés en lumière et en sainteté par le moyen de la foi en l’Unité divine.

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