Tanya - Likoutei Amarim - Chapitre 9

Likoutei Amarim Chapitre 9 _______________


Dans les chapitres précédents, Rabbi Chnéour Zalman a analysé la structure de l’âme divine, ses dix forces qui relèvent de la sainteté, et ses trois vêtements, ainsi que l’âme animale, ses dix forces, et ses trois vêtements, qui procèdent de la klipa. Dans le présent chapitre, il va décrire le conflit qui oppose les deux âmes.


פרק ט


והנה מקום משכן נפש הבהמית שמקליפת נוגה בכל איש ישראל הוא בלב


Or, le lieu de résidence de l’âme animale dérivée de la klipat noga dans chaque juif, c’est-à-dire le lieu où l’âme animale (néfech habaamit) réside et se manifeste principalement est dans le cœur, car, comme il a été expliqué dans les chapitres précédents, l’âme animale est essentiellement émotionnelle et le siège des émotions est le cœur.


בחלל שמאלי שהוא מלא דם וכתיב כי הדם הוא הנפש


Plus précisément, la demeure de l’âme animale est dans le ventricule gauche, qui est empli de sang, ainsi qu’il est dit : « car le sang est l’âme (néfech) » – l’âme animale réside donc dans le ventricule empli de sang, le ventricule gauche.


ולכן כל התאות והתפארות וכעס ודומיהן הן בלב


Et c’est pourquoi étant donné que l’âme animale réside dans le cœur, tous les désirs, la vantardise, la colère et [autres émotions] similaires se situent dans le cœur.


ומהלב הן מתפשטות בכל הגוף


Et du cœur, ils se propagent dans tout le corps,


וגם עולה למוח שבראש לחשב ולהרהר בהן ולהתחכם בהן


et s’élèvent également au cerveau dans la tête, pour y penser, y méditer, et s’ingénier en ce qui les concerne pour obtenir satisfaction,


כמו שהדם מקורו בלב ומהלב מתפשט לכל האברים וגם עולה להמוח שבראש.


tout comme le sang prend sa source dans le cœur, circule du cœur vers tous les membres, et s’élève aussi vers le cerveau dans la tête.


De même, l’âme (néfech) présente dans le sang demeure dans le cœur et se propage à travers tous les membres du corps. Ainsi, le « cerveau » de l’âme animale (c’est-à-dire ses facultés intellectuelles), au lieu de gouverner le cœur, lui est un instrument pour réaliser ses passions.


אך מקום משכן נפש האלקית הוא במוחין שבראש ומשם מתפשטת לכל האברים


En revanche, le lieu de résidence de l’âme divine se situe dans le cerveau dans la tête, et de là, elle s’étend vers tous les membres,


Comme il a déjà été souligné dans les chapitres précédents, l’âme divine est essentiellement intellectuelle, et le cerveau est le siège de l’intellect.


וגם בלב בחלל הימני שאין בו דם


et [elle réside] également dans le cœur, dans le ventricule droit où il n’est point de sang,


וכמו שכתוב לב חכם לימינו


ainsi qu’il est dit : « le cœur du sage - l’âme divine (par opposition au mauvais penchant de l’âme animale, qualifié dans les Ecritures de « vieil insensé ») est à sa droite ».


L’âme divine ne réside donc pas seulement dans le cerveau, mais aussi dans le ventricule droit du cœur. Comme il l’a fait lorsqu’il a étudié l’âme animale, Rabbi Chnéour Zalman distingue le cœur des autres organes. Car, contrairement aux autres organes dans lesquels ne se manifeste qu’une extension de l’âme divine, c’est l’âme elle-même (ses facultés émotionnelles) qui se révèle dans le cœur. C’est ce point qui est à présent développé.


והיא אהבת ה' כרשפי שלהבת


C’est (cette révélation de l’âme divine dans le cœur est) l’amour flamboyant pour D.ieu,


מתלהבת בלב משכילים


qui brûle dans le cœur des hommes subtils, qui utilisent leur faculté de ‘Hokhma,


המבינים ומתבוננים


qui comprennent et réfléchissent avec la faculté de Bina (« la compréhension », par laquelle une question est analysée dans tous ses détails et toutes ses ramifications),


בדעתם אשר במוחם


avec la [faculté de] « connaissance » de leur cerveau, c’est-à-dire la faculté de Da’at (« la connaissance »), qui permet de se concentrer et de ressentir ce qui a été compris.


בדברים המעוררים את האהבה.


Ainsi, l’amour brûle dans le cœur de ceux qui emploient les trois facultés de ‘Hokhma, Bina, et Da’at pour méditer sur des choses qui éveillent cet amour (c’est-à-dire pour méditer sur la grandeur de D.ieu).


Car, comme il a été expliqué au Chapitre Trois, comprendre la grandeur de D.ieu conduit à L’aimer. Un tel amour est donc exemplaire d’une situation dans laquelle l’âme divine se révèle dans le cœur à partir du cerveau.


וכן שמחת לבב בתפארת ה’ והדר גאונו


De même, il est une autre forme, plus profonde, de révélation de l’âme divine dans le cœur : la joie du cœur [devant] la splendeur divine et la majesté de Sa Gloire,


כאשר עיני החכם אשר בראשו במוח חכמתו ובינתו


joie qui est éveillée quand les yeux du sage l’âme divine, qui sont « dans sa tête », [c’est-à-dire] dans son cerveau qui renferme [ses facultés de] ‘Hokhma et Bina,


מסתכלים ביקרא דמלכא ותפארת גדולתו עד אין חקר ואין סוף ותכלית כמבואר במקום אחר


quand ces « yeux » de l’esprit contemplent la gloire du Roi et la beauté de Sa grandeur insondable, infinie et illimitée, alors, le cœur se réjouit et est heureux, comme il est expliqué par ailleurs.


Contempler avec les « yeux » de l’esprit la grandeur de D.ieu ne signifie pas simplement comprendre cette grandeur, mais également la percevoir avec la même conscience que celle d’une vision physique. Une telle perception éveille dans le cœur un sentiment de joie qui est, lui aussi, une manifestation de l’âme divine située dans le cerveau.


וכן שאר מדות קדושות שבלב הן מחב"ד שבמוחין.


De même, les autres émotions saintes du cœur telle la crainte de D.ieu… proviennent [des facultés] de ‘HaBaD la sagesse, la compréhension et la connaissance de l’intellect.


Rabbi Chnéour Zalman a donc établi que les deux âmes ont chacune un lieu de résidence et un mode de fonctionnement propre. Pour que n’en soit pas tirée la conclusion erronée que chaque âme « fonctionnerait » indépendamment sans interférer sur l’autre, Rabbi Chnéour Zalman poursuit :


אך הנה כתיב ולאום מלאום יאמץ


Cependant, il est dit : « Et une nation prévaudra sur l’autre ».


Ce verset fait référence à Jacob et Esaü. Dans un sens spirituel, Jacob et Esaü symbolisent l’âme divine et l’âme animale, qui luttent continuellement l’une contre l’autre.


כי הגוף נקרא עיר קטנה וכמו ששני מלכים נלחמים על עיר אחת שכל אחד רוצה לכבשה ולמלוך עליה


Car le corps est appelé « une petite cité ». Et à l’image de deux rois, qui font la guerre pour une cité, chacun désirant la conquérir gouverner même contre le gré de sa population et finalement régner sur elle, avec son consentement,


דהיינו להנהיג יושביה כרצונו ושיהיו סרים למשמעתו בכל אשר יגזור עליהם


c’est-à-dire régir ses habitants selon sa volonté, et qu’ils lui obéissent dans tout ce qu’il décrète à leur égard.


כך שתי הנפשות האלקית והחיונית הבהמית שמהקליפה נלחמות זו עם זו על הגוף וכל אבריו


Ainsi, les deux âmes – l’âme divine et l’âme vitale animale issue de la klipa et qui est, pour cette raison, l’antithèse même de l’âme divine, mènent un combat l’une contre l’autre pour le corps et tous ses membres – le corps étant comparable à la cité et les membres à ses habitants.


שהאלקית חפצה ורצונה שתהא היא לבדה המושלת עליו ומנהיגתו


Car le désir et la volonté de l’âme divine sont de gouverner exclusivement [le corps] et de le régir,


וכל האברים יהיו סרים למשמעתה ובטלים אצלה לגמרי


que tous les membres lui obéissent, se conforment effectivement à ses ordres, et plus encore, lui soient totalement subordonnés, c’est-à-dire qu’au-delà de leur obéissance effective, leur volonté soit également soumise à la sienne.


ומרכבה אליה


Mais l’âme divine ne s’en tient pas là. Elle désire de surcroît qu’ils soient comme un char pour elle,


En d’autres termes, l’âme divine ne désire pas simplement que les membres soumettent leur volonté à la sienne, ce qui sous-entendrait qu’ils ont une volonté propre mais soumise à l’âme. Son désir est plutôt que ceux-ci n’aient pas de volonté indépendante : comme un char n’a pas de volonté propre et n’est que l’instrument de son conducteur.


ויהיו לבוש לעשר בחינותיה ושלשה לבושיה הנזכרים לעיל שיתלבשו כולם באברי הגוף


et soient un vêtement pour ses dix facultés de l’âme divine et ses trois vêtements mentionnés précédemment – la pensée, la parole et l’action – de sorte que tous se revêtent des membres du corps,


ויהיה הגוף כולו מלא מהם לבדם


et que le corps entier soit empli d’eux (les facultés et les vêtements de l’âme divine) uniquement,


La soumission du corps à l’âme divine pourrait ne pas exclure une soumission ponctuelle à l’âme animale. C’est pourquoi, Rabbi Chnéour Zalman ajoute la phrase « le corps entier soit empli d’eux uniquement ». Il souligne ainsi la volonté de l’âme divine d’avoir la direction exclusive et permanente du corps comme instrument d’expression, sans laisser de place pour les facultés et les vêtements de l’âme animale.


ולא יעבור זר בתוכם ח"ו


et ne soit traversé par aucun élément étranger, à D.ieu ne plaise – en d’autres termes, que l’âme animale n’exerce aucune influence sur le corps.


Toutes ces expressions sont une description générale du désir de l’âme divine d’emplir le corps tout entier. Rabbi Chnéour Zalman va donc s’intéresser au détail de cette soumission. Il va s’agir, en d’autres termes, d’identifier les membres particuliers qui permettent l’expression de chaque faculté ou vêtement de l’âme divine.


דהיינו תלת מוחין שבראש יהיו ממולאים מחב"ד שבנפש האלקית


C’est-à-dire : plus précisément, l’âme divine désire que les trois cerveaux – les trois régions du cerveau, qui correspondent aux trois facultés intellectuelles ‘HaBaD (‘Hokhma, Bina, Da’at) – soient emplis [des facultés] de ‘HaBaD de l’âme divine,


שהיא חכמת ה’ ובינתו


qui sont la perception (‘Hokhma) et la compréhension (Bina) de D.ieu,


להתבונן בגדולתו אשר עד אין חקר ואין סוף


en méditant sur Sa grandeur impénétrable et infinie,


ולהוליד מהן על ידי הדעת היראה במוחו ופחד ה' בלבו


et que soient engendrés à partir d’elles (‘Hokhma et Bina) par l’intervention de [la faculté de] Da’at, c’est-à-dire en s’immergeant dans la pensée sur la grandeur de D.ieu, avec la profondeur propre à Da’at, pour dépasser le stade de la compréhension et ressentir véritablement l’idée comprise, la crainte [de D.ieu] dans son cerveau, et la peur de D.ieu en son cœur,


ואהבת ה' כאש בוערה בלבו כרשפי שלהבת


ainsi qu’un amour pour D.ieu, brûlant comme un feu en son cœur, semblable à des flammes ardentes,


להיות נכספה וגם כלתה נפשו בחשיקה וחפיצה לדבקה בו בא"ס ב"ה בכל לב ונפש ומאד


de sorte que son âme aspire et défaille, avec une passion et un profond désir de s’attacher au Ein Sof Béni soit-Il, selon les termes du verset : « Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton pouvoir ».


« De tout ton cœur » signifie que le cœur est empli d’amour pour D.ieu. « De toute ton âme » implique que l’amour se répand au-delà du cœur, pour imprégner tous les membres du corps – par exemple, le pied même marche avec zèle pour accomplir une mitsva. « De tout ton pouvoir » signifie que l’amour pour D.ieu est tel que l’on est disposé à faire preuve de messirout néfech, du sacrifice de soi dénué de toute fin personnelle.


מעומקא דלבא שבחלל הימני


Cet amour s’éveillera des profondeurs du cœur, du côté droit – le siège des facultés émotionnelles de l’âme divine,


שיהיה תוכו רצוף אהבה מלא וגדוש


l’intérieur [du cœur] sera « pavé » d’amour, mais en outre, l’amour ne sera pas simplement à la « surface » du cœur : le cœur sera également plein de cet amour qui l’emplira dans sa totalité ; et il sera de surcroît débordant, c’est-à-dire que l’amour atteindra également la partie gauche du cœur et les facultés émotionnelles de l’âme animale qui y résident. Dans les termes du Tanya :


עד שתתפשט גם לחלל השמאלי לאכפיא לסטרא אחרא יסוד המים הרעים שבה


[cet amour] se répandra ainsi dans le côté gauche [du cœur], pour faire plier la sitra a’hara, [notamment] l’élément de « mauvaises Eaux » qui est en elle (l’âme animale),


שהיא התאוה שמקליפת נוגה


c’est-à-dire l’appétit [des plaisirs] qui émane de la klipat noga.


Comme il a été expliqué au Chapitre Premier, l’élément d’eau de l’âme animale éveille l’appétit pour les plaisirs matériels dérivés de la klipat noga. Or, cet appétit de l’âme animale est l’équivalent du sentiment d’amour de l’âme divine (pour D.ieu).


לשנותה ולהפכה מתענוגי עולם הזה לאהבת ה’


Le sentiment d’amour intense de l’âme divine pour D.ieu aura donc pour effet de le changer et de le transformer [d’un appétit pour] les plaisirs matériels en un amour pour D.ieu,


כמו שכתוב: בכל לבבך, בשני יצריך


ainsi qu’il est dit : [« Tu aimeras D.ieu] de tout ton cœur » – que nos Sages interprètent (en se fondant sur l’usage de la forme duale du mot לבבך au lieu de לבך, qui donne au verset le sens implicite « de tous tes cœurs ») : « avec tes deux penchants, le bon et le mauvais ».


Le mauvais penchant (c’est-à-dire l’instinct de désir de l’âme animale) peut donc, lui aussi, parvenir à l’amour du Divin, et tel est le projet à son égard de l’âme divine. Rabbi Chnéour Zalman va maintenant décrire la qualité particulière de l’amour qui conduit à pareil accomplissement.


והיינו שיעלה ויבא ויגיע למדרגת אהבה רבה וחיבה יתרה ממדרגת אהבה עזה כרשפי אש


Une telle métamorphose du désir de l’âme animale signifie que l’on s’élève pour atteindre le niveau d’ahava rabba (« l’immense amour »), un amour qui dépasse [même] le niveau de « l’amour ardent » évoqué précédemment.


והיא הנקראת בכתוב אהבה בתענוגים להתענג על ה’ מעין עולם הבא


C’est ce [niveau d’amour] qui est appelé dans les Ecritures « ahava betaanouguim » (« un amour dans les délices ») ; [il consiste à] se délecter dans le Divin, avant-goût du monde futur puisque la récompense du monde futur réside précisément dans le délice de la perception du Divin.


והענג הוא במוח חכמה ושכל המתענג בהשכלת ה’ וידיעתו כפי השגת שכלו וחכמתו


Ce délice est [ressenti] dans le cerveau [qui renferme] ‘Hokhma (la sagesse) et l’intellect, [et] qui se délecte de la compréhension et la connaissance de D.ieu, selon la capacité de son intellect et de sa sagesse – plus fine est sa perception du Divin, plus grand est son délice.


והוא בחינת המים וזרע, אור זרוע שבקדושת נפש האלקית


[Ce délice] est l’aspect d’eau et de « graine », c’est-à-dire la « lumière semée » dans la sainteté de l’âme divine,


המהפכת לטוב את בחינת המים שבנפש הבהמית, שמהם באו תאות תענוגי עולם הזה מתחלה


laquelle transforme en bien l’élément d’eau de l’âme animale d’où provenait auparavant l’appétit pour les plaisirs de ce monde.


En d’autres termes, l’élément d’eau de l’âme animale, qui se traduisait auparavant par un désir pour les plaisirs matériels, a été transformé par l’amour du Divin de l’âme divine ; il s’exprime maintenant en un amour pour D.ieu.


וכמו שכתוב בעץ חיים שער נ’ פרק ג’ בשם הזהר שהרע נהפך להיות טוב גמור כמו יצר טוב ממש בהסיר הבגדים הצואים ממנו שהם תענוגי עולם הזה שהוא מלובש בהם


Et comme il est écrit dans le Ets ‘Haïm, Porte 50, ch. 3, au nom du Zohar, le mal de l’âme animale est transformé en bien parfait, [devenant] vraiment comme le bon penchant, quand il est dépouillé de ses « vêtements souillés », que sont les plaisirs physiques, dont il était revêtu.


En fait, l’âme animale est une puissante force de désir. Cependant, cette force en tant que telle est neutre et peut donc être orientée vers des horizons différents. C’est en raison de son enveloppe corporelle qu’elle est attirée a priori par les plaisirs matériels. Ces désirs sont alors des « vêtements souillés » pour cette force. En la détournant des plaisirs matériels pour lui faire goûter les plaisirs spirituels, l’âme divine dépouille l’âme animale des « vêtements souillés » dont il vient d’être question pour la revêtir de « beaux vêtements ». La force de désir peut alors porter sur des plaisirs qui relèvent du Divin et de la sainteté. Car tel est le désir de l’âme divine : engendrer, par le truchement de ses facultés intellectuelles, une crainte et un amour pour D.ieu capables de changer le mal de l’âme animale en bien.


וכן שאר כל המדות שבלב, שהן ענפי היראה והאהבה, יהיו לה’ לבדו


De même, l’âme divine désire que toutes les autres émotions du cœur, qui sont des dérivés de la crainte et de l’amour, soient uniquement orientées vers D.ieu.


Jusqu’à présent, Rabbi Chnéour Zalman a décrit la volonté de l’âme divine de dominer l’esprit et le cœur. Il va maintenant élargir son analyse aux autres régions du corps.


וכל כח הדבור שבפה והמחשבה שבמוח, יהיו ממולאים מן לבושי המחשבה והדבור של נפש האלקית לבדה


Et de même, que toute la faculté de parole dans la bouche ainsi que la pensée dans le cerveau soient exclusivement emplies des vêtements de la pensée et de la parole de l’âme divine,


שהן מחשבת ה’ ותורתו, להיות שיחתו כל היום, לא פסיק פומיה מגירסא


qui sont la pensée relative à D.ieu et à Sa Thora ceci est le vêtement de pensée de l’âme divine, dont il parlera tout au long de la journée, « sa bouche ne cessant jamais d’étudier » ceci est le vêtement de parole de l’âme divine


וכח המעשיי שבידיו ושאר רמ"ח אבריו יהיה במעשה המצות לבד שהוא לבוש השלישי של נפש האלקית


et que la faculté d’action dans ses mains et ses 248 membres soit [employée] dans l’observance des mitsvot – ceci étant le troisième vêtement de l’âme divine – c’est-à-dire qu’il n’utilisera sa faculté d’action que pour l’observance des mitsvot.


En résumé, l’âme divine désire être seule présente non seulement dans l’esprit et le cœur, mais encore dans le corps tout entier.


אך נפש הבהמית שמהקליפה רצונה להפך ממש


Mais l’âme animale dérivée de la klipa veut exactement le contraire, c’est-à-dire que le corps soit empli de ses facultés et de ses vêtements de pensée, parole, et action.


לטובת האדם שיתגבר עליה וינצחנה כמשל הזונה שבזהר הקדוש.


Pourtant, l’âme animale désire cela pour le bien de l’homme, afin qu’il prenne le dessus et la vainque, comme dans la parabole de la courtisane [relatée] dans le saint Zohar.


Le Zohar donne la parabole suivante : un roi désira mettre à l’épreuve la force morale de son fils unique. Il avait à son service une femme à la fois belle et intelligente. Ayant expliqué son dessein, il lui ordonna d’accomplir tous les efforts possibles pour séduire le prince. Afin que l’épreuve soit valide, la supposée courtisane devait user de tout son charme, de tous ses artifices. La moindre négligence n’aurait-elle pas été synonyme de désobéisance au grand monarque ? Et cependant, dans le temps même où elle mettait tout en œuvre pour séduire le prince, en son for intérieur, elle désirait qu’il ne succombe pas. Ainsi, suivant les termes de cette métaphore, la klipa, en dépit des stratagèmes qu’elle met en œuvre, désire profondément être vaincue.

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